Thaïlande - L'espoir réside dans l'offre de trêve des «chemises rouges»

Bangkok — Le gouvernement thaïlandais a annoncé hier qu'il accepterait une proposition de cessez-le-feu émanant d'un dirigeant des «chemises rouges» si les contestataires regagnaient leur camp dans le centre de Bangkok, après cinq jours d'affrontements dans les rues de la capitale qui ont fait au moins 37 morts.

Le cessez-le-feu a été proposé par Nattawut Saikuwa lors d'un bref entretien téléphonique avec le négociateur en chef du gouvernement Korbsak Sabhavasu. D'après ce dernier, les deux hommes ont conversé cinq minutes. Il s'agissait des premières discussions directes entre les deux parties depuis le début des violences jeudi. Mais M. Sabhavasu a précisé que de grands progrès étaient improbables dans la mesure où de profondes divergences demeurent.

Reste que le négociateur dit avoir déclaré à son interlocuteur que l'armée cesserait de tirer si les «chemises rouges» retiraient leurs militants des rues afin qu'ils réintègrent leur camp dans le centre de la capitale. «S'ils rappellent [les protestataires] à Rajprasong, il n'y aura pas une seule balle tirée par les soldats», a-t-il souligné, en référence à la zone de trois kilomètres carrés où des milliers de contestataires campent depuis le 3 avril. On ignore dans l'immédiat la teneur de la réponse du leader des «chemises rouges».

Le quartier commerçant de Rajprasong est encerclé par des militaires sur un vaste périmètre. La colère des opposants au gouvernement a gagné les rues environnantes, qui sont devenues le théâtre de véritables scènes de guérilla urbaine.

Au moins 37 personnes, pour la plupart des civils, ont perdu la vie et 266 autres ont été blessées dans les violences depuis jeudi, selon des chiffres officiels.

Parmi les victimes, le général renégat Khattiya Sawasdiphol, qui avait rejoint les «chemises rouges». Atteint d'une balle dans la tête jeudi, il a succombé lundi à ses blessures. L'attaque contre cet officier, plus connu sous le nom de Seh Daeng, avait envenimé une situation déjà très tendue dans les rues de Bangkok, après plus de deux mois de manifestations des «chemises rouges».

«Évacuez immédiatement la zone considérée comme dangereuse», a déclaré le gouvernement à la télévision, précisant que des autocars seraient mis à disposition pour ramener les manifestants chez eux. Le gouvernement avait lancé un nouvel ultimatum aux quelque 5000 «chemises rouges» encore retranchés à Rajprasong, les appelant à quitter les lieux sous peine de risquer deux ans de prison.

L'ultimatum a toutefois expiré sans départ des «chemises rouges» -partisans de l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra qui exigent le départ de l'actuel chef du gouvernement Abhisit Vejjajiva- mais leurs dirigeants ont appelé à l'intervention du roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej et proposé de nouvelles négociations pour mettre fin à la crise. Le monarque, âgé de 82 ans et hospitalisé depuis septembre dernier, est resté silencieux jusqu'à présent.
1 commentaire
  • Nathalie E. Pellerin - Inscrit 18 mai 2010 10 h 38

    Douce Thaïlande...

    Le roi est allité et silencieux. Selon Forbes, il vaut environ 80 milliards de dollards U.S. La grande pauvreté de son peuple est une disgrâce, et les liens de son fils aîné avec la mafia ne présage rien de bon pour sa succession. Il est vénéré par son peuple, mais l'interdit de critique du roi empêche tout recul ou reconnaissance de son action réelle sur la vie de ses sujets. J'aime la Thaïlande. Je suis triste pour son peuple attachant.