Aide humanitaire entravée en Birmanie, selon HRW

Bangkok — Deux ans après le cyclone Nargis qui avait balayé la Birmanie, faisant plus de 100 000 morts et disparus, le régime continue d'entraver l'aide humanitaire, a dénoncé hier l'organisation de défense des droits de la personne Human Rights Watch (HRW).

Alors que des élections sont prévues en fin d'année, 22 travailleurs humanitaires locaux sont toujours détenus tandis que des restrictions imposées aux déplacements ralentissent les livraisons de l'aide, selon HRW. «Deux ans après l'une des pires catastrophes naturelles, les travailleurs humanitaires locaux subissent encore la répression du régime militaire», a dénoncé Elaine Pearson, directeur adjointe de HRW pour l'Asie.

Les autorités sont très lentes à délivrer les autorisations permettant de transporter l'aide et l'État contrôle de plus en plus les opérations humanitaires, assure l'ONG. À l'approche des élections, l'accès au pays pour les ONG «se réduit de nouveau».

Le cyclone Nargis a ravagé les 2 et 3 mai 2008 le delta de l'Irrawaddy et la région de Rangoun, faisant 138 000 morts ou disparus. La junte birmane avait été largement critiquée pour avoir tardivement ouvert la porte — et de mauvaise grâce — à une opération de secours de grande ampleur pour sauver les 2,4 millions de sinistrés.