Crise thaïlandaise - Les royalistes réclament la loi martiale

Une royaliste thaïlandaise dans la rue, hier à Bangkok
Photo: Agence Reuters Éric Gaillard Une royaliste thaïlandaise dans la rue, hier à Bangkok

Bangkok — Les royalistes thaïlandais des «chemises jaunes» (pro-gouvernement) ont réclamé hier la proclamation de la loi martiale, une semaine après leur ultimatum au premier ministre pour qu'il déloge du centre de Bangkok leurs ennemis intimes, les «chemises rouges».

Le camp monarchiste a averti qu'il prendrait des mesures pour «protéger la nation» si le gouvernement restait impuissant à disperser les milliers de «chemises rouges» qui occupent une partie du centre de la capitale et exigent la tête du premier ministre, Abhisit Vejjajiva.

Pour la première fois depuis le début de la crise, mi-mars, le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej s'est exprimé à la télévision en exhortant des magistrats récemment nommés à remplir leur devoir. Dépourvu de prérogatives institutionnelles, le monarque demeure une figure révérée de ses sujets. Mais il n'a pas fait directement allusion à la situation politique, qui a pris une tournure violente depuis les affrontements du 10 avril et les attaques à la grenade de la semaine dernière ayant fait au total 26 morts et près de 1000 blessés.

«Travailler avec honnêteté permettra au pays d'avancer et de constituer un exemple, a estimé le souverain de 82 ans, dans l'hôpital où il reçoit des soins depuis septembre. Si vous restez fidèles à votre serment, cela aidera le pays à rester en ordre».

Le bras de fer se poursuivait hier entre le pouvoir et les «rouges», contre lesquels le camp monarchiste a exigé des mesures radicales.

Les «chemises jaunes» se posent en garantes de la monarchie face aux «rouges», opposants inspirés notamment par l'ex-premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, et qu'ils qualifient de «terroristes».