Thaïlande - L'opposition propose un compromis

Bangkok — L'opposition thaïlandaise qui manifeste depuis plusieurs semaines à Bangkok a offert hier un compromis au gouvernement, proposant une dissolution du parlement dans les trente jours et non plus immédiatement comme elle le réclamait depuis le début du mouvement.

Cette offre survient après une série de cinq attaques à la grenade jeudi soir dans la capitale thaïlandaise et après un face à face tendu hier matin entre des centaines de policiers anti-émeute et des «chemises rouges» dans le quartier des affaires de la capitale.

Les opposants ont également demandé au premier ministre Abhisit Vejjajiva d'ouvrir une enquête indépendante sur les heurts du 10 avril, qui ont fait 25 morts et plus de 800 blessés, et ont exigé un retrait des forces de l'ordre de leurs lieux de rassemblement. «Le gouvernement doit cesser les menaces contre notre mouvement», a dit Weng Tojirakarn, un des chefs de file de la contestation.

Les attaques à la grenade menées jeudi soir ont fait un mort et plus de 80 blessés, laissant craindre une escalade de la violence. Tentant d'apaiser ces craintes, le chef de l'armée thaïlandaise, Anupong Paochinda, a déclaré lors d'une réunion avec ses chefs de corps qu'il n'y aurait pas de répression contre les manifestants. «Lancer une répression ferait plus de mal que de bien. De fait, l'armée doit travailler à la prise de conscience et à la compréhension de ce problème par l'opinion publique», a déclaré Anupong dont les propos ont été rapportés par son porte-parole.

Hier matin, des policiers se sont postés devant une barricade érigée par les manifestants antigouvernementaux dans le quartier des affaires de Silom. Les forces de l'ordre ont exigé le démantèlement de ce barrage dressé à l'aide de pneus et de bambous mais les opposants n'ont pas obtempéré et un photographe de Reuters les a vus verser de l'essence sur la barricade.

Les «chemises rouges» sont rassemblées par milliers depuis six semaines à Bangkok pour exiger des élections anticipées. Ils occupent une partie du quartier des affaires de Silom et campent aussi depuis trois semaines dans un quartier commerçant huppé.

Toute tentative de dispersion de ces opposants risquerait d'enflammer la situation mais le vice-premier ministre Suthep Thaugsuban a déclaré jeudi qu'il n'en était pas question, car il y a parmi eux des femmes et des enfants.