Élections anticipées au Sri Lanka - Le président dissout le Parlement

L’arrestation de Sarath Fonseka a fait la une de tous les journaux au Sri Lanka.
Photo: Agence Reuters Dinuka Liyanawatte L’arrestation de Sarath Fonseka a fait la une de tous les journaux au Sri Lanka.

Colombo — Au lendemain de l'arrestation de son principal rival qui sera traduit en cour martiale, le président sri-lankais, Mahinda Rajapaksa, a dissous hier le parlement et convoqué des élections législatives anticipées.

«Les élections auront lieu le 8 avril et le nouveau parlement se réunira le 22 avril», a dit l'attaché de presse de la présidence, Chandrapala Liyanage.

La dissolution du Parlement est survenue peu après l'annonce par le ministère de la Défense que M. FonseKa, arrêté lundi à Colombo, serait traduit devant une cour martiale pour «avoir conspiré» avec des membres de l'opposition contre le gouvernement en dépit de sa démission de l'armée en novembre. Dans un bref communiqué sur son site Internet, le ministère de la Défense a indiqué que M. Fonseka, 59 ans, serait jugé pour «des actes frauduleux et d'autres infractions militaires».

«Il est accusé principalement d'avoir lancé une action avec des dirigeants et des partis politiques contre le gouvernement», a déclaré à la presse le porte-parole du ministère de la Défense, Keheliya Rambukwella, ajoutant qu'il pourrait être jugé pour trahison. «Cela pourrait être l'un des actes d'accusation», a-t-il répondu à une question.

Le règlement militaire sri-lankais autorise l'armée à arrêter et à traduire en cour martiale d'anciens militaires jusqu'à six mois après leur départ du service actif, a expliqué un porte-parole de la Défense.

Le département de l'Information du gouvernement sri-lankais a dit hier que l'annonce par Fonseka, cité par la BBC, de son intention de témoigner dans une enquête sur des crimes de guerre prouvait sa déloyauté envers des troupes qu'il a conduites à la victoire contre les rebelles tamouls, au terme d'une guerre civile de 25 ans.

Des hommes politiques d'opposition qui ont appuyé la candidature de Fonseka ont condamné son arrestation. «Il est évident pour chacun d'entre nous qu'il s'agit d'un gouvernement qui n'est pas seulement dictatorial, mais fasciste et qu'ils font tout pour l'humilier, le harceler et se lancer dans une vendetta», a déclaré Rauf Hakeem, dirigeant du Congrès musulman du Sri Lanka.

Fonseka avait déclaré à la presse avant son arrestation lundi que plus d'une cinquantaine de ses collaborateurs avaient été arrêtés et que les autorités voulaient ainsi l'empêcher de rassembler des preuves appuyant ses accusations de fraude électorale. Début février, le président Rajapakse avait limogé une dizaine de hauts gradés de l'armée par crainte d'un putsch.

L'arrestation du général Fonseka a suscité lundi l'inquiétude de Washington. Philip Crowley, porte-parole du département d'État, a appelé le gouvernement de Colombo à «travailler à combler les fissures au sein de la société».

L'ex-médiateur du conflit au Sri Lanka, le Norvégien Erik Solheim, s'est également déclaré «très inquiet», estimant que cette arrestation aurait «des conséquences sur les possibilités de progresser vers une stabilisation politique durable» .