Sri Lanka: les Tigres appellent à l'aide

Colombo — Les rebelles tamouls du Sri Lanka ont annoncé hier avoir demandé à la France et à la Grande-Bretagne d'oeuvrer à la conclusion d'une trêve avec l'armée gouvernementale, tandis que Colombo a de nouveau fustigé les appels de l'Occident à un cessez-le-feu humanitaire.

Dans un communiqué, les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) ont indiqué «exhorter les ministres britannique et français des Affaires étrangères à poursuivre leur initiative afin de régler la terrible crise humanitaire du peuple tamoul» et en faveur d'un cessez-le-feu.

David Miliband et Bernard Kouchner étaient en visite mercredi au Sri Lanka, mais n'ont obtenu de Colombo, ni une «pause humanitaire» dans les combats, ni un accès à la zone de guerre dans le nord-est, où sont acculés les Tigres et 50 000 civils.

Selon le LTTE, son aile politique a envoyé un courrier à MM. Miliband et Kouchner dans lequel elle assure «être prête à s'engager dans un processus de cessez-le-feu et à entrer en négociations pour un règlement durable du conflit».

Les Tigres tamouls avaient proclamé le 26 avril un cessez-le-feu «unilatéral» pour «sauver» les dizaines de milliers de civils qu'ils retiennent pourtant en otage.

Le Sri Lanka avait immédiatement rejeté cette annonce en exigeant la reddition complète de la guérilla séparatiste.

Convaincu d'avoir gagné la guerre et sourcilleux sur sa souveraineté, Colombo fustige tous les appels de l'ONU, des États-Unis et de l'Union européenne à proclamer une trêve «humanitaire» qui permettrait, selon lui, au LTTE de se réarmer et de se renforcer.

«Jamais l'Histoire n'a révélé autant d'hypocrisie et de faux semblant des puissances occidentales à l'égard du Sri Lanka», a encore brocardé hier le ministère de la Défense. Jeudi, le président nationaliste Mahinda Rajapakse avait dénoncé «ceux [qui] nous font la leçon sur le [sauvetage] de civils et [auxquels] je réponds d'aller voir ce qu'ils font en Irak et en Afghanistan».

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