L'ONU condamne la Corée du Nord

Réunis à New York, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont décidé de dénoncer le tir de fusée coréen, sans toutefois se montrer sévères dans les sanctions.
Photo: Agence France-Presse (photo) Réunis à New York, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont décidé de dénoncer le tir de fusée coréen, sans toutefois se montrer sévères dans les sanctions.

Séoul — La Corée du Nord a annoncé ce matin qu'elle allait quitter les négociations à six sur sa dénucléarisation, en réaction à la condamnation par le Conseil de sécurité de l'ONU de son récent tir de fusée, a rapporté l'agence de presse officielle nord-coréenne. Pyongyang a aussi affirmé qu'elle allait rouvrir ses installations nucléaires.

La Corée du Nord «rejette fermement» la décision du Conseil de sécurité, a déclaré le ministère nord-coréen des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé par l'agence KCNA. «Les discussions à six [sur la dénucléarisation] n'ont plus lieu d'être», a ajouté le ministère. «Nous ne participerons plus jamais à de telles discussions et ne nous estimerons liés par aucune décision prise dans le cadre de ces discussions», a ajouté le communiqué.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné hier le tir de fusée balistique effectué récemment par la Corée du Nord et renforcé le régime de sanctions mis en place à son encontre en 2006, dans une déclaration toutefois non contraignante.

Ce texte, fruit d'un compromis entre ses cinq membres permanents (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et le Japon, «condamne le tir effectué le 5 avril» par la Corée du Nord. Le Conseil affirme que ce lancement «contrevient à sa résolution 1718» d'octobre 2006, qui interdit à Pyongyang tout essai nucléaire ou tir de missile. Il «exige» que la Corée du Nord «s'abstienne de tout nouveau tir».

Il décide «d'ajuster» certaines mesures contenues dans la 1718 qui établissaient un régime de sanctions à l'égard de la Corée du Nord après qu'elle eut procédé à une série de tirs de missiles, puis à un essai nucléaire.

Selon les diplomates, cela signifie que le Conseil désignera avant fin avril des entreprises nord-coréennes qui tomberont sous le coup d'un gel de leurs avoirs financiers à l'étranger.

Le principe d'un tel dispositif est contenu dans la 1718, y compris la création d'un comité du Conseil de sécurité pour appliquer et superviser les sanctions. Mais ce comité n'avait jamais été activé, pour ne pas compromettre les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

«Nous avons donné un tour de vis au système de sanctions», a commenté l'ambassadeur britannique, John Sawers. La déclaration adoptée hier demande par ailleurs que les pourparlers à six entre les deux Corées, la Chine, les États-Unis, le Japon et la Russie, «reprennent rapidement».

Son adoption a nécessité l'unanimité des quinze membres du Conseil mais elle n'a pas le caractère légalement contraignant d'une résolution. Le compromis entre les cinq permanents et le Japon avait été obtenu samedi, après une semaine de négociations.

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