La rébellion tamoule serait à bout de souffle au Sri Lanka

Une opération militaire menée en février avait coûté la vie à quelque 250 rebelles. Depuis vendredi, 420 combattants auraient perdu la vie, selon la présidence sri-lankaise.
Photo: Agence France-Presse (photo) Une opération militaire menée en février avait coûté la vie à quelque 250 rebelles. Depuis vendredi, 420 combattants auraient perdu la vie, selon la présidence sri-lankaise.

Colombo — Le président sri-lankais Mahinda Rajapakse a appelé hier les rebelles tamouls à se rendre, affirmant que la guerre était presque finie dans le nord-est du Sri Lanka où selon l'armée au moins 420 combattants séparatistes ont été tués depuis vendredi.

Le président Rajapakse a déclaré devant des partisans de son parti rassemblés à sa résidence que les forces de sécurité étaient sur le point d'écraser totalement les combattants des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) après près de 40 ans de conflit.

«L'option [qui se présente] aux dirigeants des Tigres est de déposer les armes et de se rendre pour sauver la vie des cadres qui leur restent», a déclaré le président du Sri Lanka.

Le président Rajapakse, qui est également le commandant en chef des forces armées, a rejeté les appels à une trêve et exigé que les rebelles du LTTE déposent les armes et permettent aux civils se trouvant dans les territoires encore contrôlés par la guérilla de se mettre à l'abri des combats.

L'armée a affirmé qu'au moins 420 rebelles tamouls avaient été tués depuis vendredi dans les combats.

«Nous avons mis au jour 420 corps ces trois derniers jours», a déclaré le général Udaya Nanayakkara, porte-parole des forces armées, ajoutant que les combattants du LTTE étaient acculés sur 20 km2 dans le département de Mullaittivu, sur un territoire censé être une enclave démilitarisée.

L'armée de terre a pris le contrôle dimanche du village de Puthukkudiriruppu, où 250 cadavres de Tigres ont été découverts, a dit l'officier.

La veille, ce général avait affirmé que ses troupes avaient tué 111 rebelles, tandis que Colombo évaluait ces dernières semaines à 500 le nombre de Tigres continuant à se battre. Aucun bilan n'est vérifiable sur le terrain.

Les seules sources d'information sont les communiqués du ministère de la Défense revendiquant tous les jours la mort de dizaines de Tigres, mais admettant très rarement des pertes dans les rangs de l'armée et encore moins dans la population civile.

Les forces gouvernementales assurent depuis des semaines être sur le point d'en finir avec la rébellion, mais elles butent encore sur des poches de résistance.

La guérilla des Tigres tamouls «est près d'être totalement annihilée, au moment où nos soldats sont engagés dans des combats au corps à corps dans une dernière poche terroriste», a affirmé le ministère.

Le LTTE n'a pas réagi, mais il reconnaît avoir perdu l'ensemble de ses territoires, sous les coups de l'offensive «finale» que Colombo a lancée en janvier.

Jusqu'en 2007, le LTTE, un des mouvements insurrectionnels les plus redoutables et les mieux organisés au monde, contrôlait 18 000 km2 de territoires dans le nord et l'est de l'île, où il comptait fonder un État tamoul indépendant.

Le conflit, qui dure depuis 37 ans, a fait plus de 70 000 morts, dont 2800 parmi les civils depuis le 20 janvier, selon le Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'Homme, Navi Pillay.

Dans cette guerre à huis clos, à l'exception de témoins employés de la Croix-Rouge, des organisations humanitaires et l'ONU estiment que 150 000 à 200 000 civils tamouls sont pris au piège des combats. Ils ne sont que 70 000 et servent de «boucliers humains» à la rébellion, rétorque Colombo.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté vendredi le LTTE à laisser sortir les civils de la zone du conflit. Le Sri Lanka — très jaloux de sa souveraineté nationale — rejette les appels de la communauté internationale en faveur d'une trêve, jugeant qu'elle permettrait aux séparatistes de se réarmer.

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