Sri Lanka - Les Tigres tamouls envisagent un cessez-le-feu

Colombo — Les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) ont fait part hier à l'ONU de leur volonté d'accepter un cessez-le-feu avec le gouvernement sri-lankais. Les séparatistes ont toutefois rejeté les appels au désarmement et à la reddition, jugeant nécessaire de conserver leurs armes pour la survie de la minorité tamoule.

Dans leur lettre adressée aux Nations unies et à la communauté internationale, les insurgés affirment que l'artillerie et les lance-roquettes de l'armée sri-lankaise tuent entre 50 et 100 civils tamouls chaque jour. «Déjà plus de 2000 civils ont été tués et plus de 5000 ont été blessés. Il est douloureux de voir le monde rester silencieux face à toute cette souffrance humaine, comme si ce qui se passe actuellement l'amusait», dit Balasingham Nadesan, chef politique des rebelles.

«Dans cette situation, les LTTE sont prêts à accepter les appels à un cessez-le-feu [...] Les LTTE souhaitent que cet effort de cessez-le-feu [...] débouche sur des pourparlers de paix afin de rechercher une solution politique à ce conflit ethnique.»

Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, a quant à lui renouvelé son appel à la «suspension» des combats. «Il est urgent de mettre fin à ce conflit en évitant de nouvelles pertes civiles et la destruction de la société sri-lankaise», a-t-il déclaré à la presse. «L'ONU déplore les pertes de plus en plus lourdes parmi les civils piégés pas d'intenses combats et apporterait un ferme soutien à une suspension des affrontements pour permettre le passage des populations qui cherchent à fuir le conflit», a-t-il ajouté.

Début février, les États-Unis, l'Union européenne, le Japon et la Norvège ont exhorté les rebelles tamouls à se rendre, renoncer à la violence, accepter l'offre d'amnistie du gouvernement et participer à l'émergence d'une solution politique au conflit.

Les LTTE, qui combattent depuis 1983 pour la création d'un État tamoul dans le nord-est de l'île, ont été repoussés par les forces gouvernementales dans un territoire de 87 km2, à 350 km au nord-est de la capitale.

Des dizaines de civils sont pris au piège entre les rebelles et l'armée sri lankaise, retenus par les TLET ou redoutant de se retrouver au milieu de combats plus violents.

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