Attentats de Mumbai - Nouvelles accusations contre l'ISI pakistanais

New Delhi — Le gouvernement indien disposerait des preuves que son voisin et adversaire le Pakistan est impliqué dans les attentats de Mumbai, qui ont fait 171 morts et ont mis en évidence de graves failles dans le système de sécurité intérieure.

Selon la presse locale, le FBI aurait fourni aux autorités de New Delhi des preuves montrant l'implication des services secrets pakistanais dans les attaques perpétrées par une dizaine d'islamistes armés contre la capitale touristique de l'Inde. «Le lien avec l'ISI [services de renseignement militaires pakistanais] est clair et évident», a déclaré une source au sein des services de renseignements indiens, citée par le Times of India.

Le journal précise que l'ISI aurait participé à l'entraînement des militants, qui appartiendraient au groupe Lashkar-e-Taiba déjà soupçonné d'être responsable d'autres actes de violence en Inde.

«Il existe des preuves suffisantes qui montrent que l'origine de ces attentats est liée à des organisations qui, dans le passé, ont été identifiées comme responsables d'attaques terroristes contre l'Inde», a déclaré le ministre de l'Intérieur, Palaniappan Chidambaram.

Chidambaram n'a pas nommément cité l'ISI dans ce cas, mais le gouvernement indien a déjà accusé les services de renseignement pakistanais d'utiliser des groupes terroristes tels que Lashkar-e-Taiba comme des bras armés dans le conflit du Cachemire, vieux de soixante ans. De son côté, le Pakistan continue de démentir toute implication dans ces attaques et a même offert sa coopération aux enquêteurs indiens pour retrouver les commanditaires.

Tandis que l'enquête suit son cours, Chidambaram, entré en fonction dimanche à la place de Shivraj Patil, a reconnu que les trois jours de violence montraient clairement des failles dans le système de sécurité intérieure.

«Je mentirais si je disais qu'il n'y a pas eu de failles. Nous sommes en train d'étudier ce qu'il s'est passé. Nous traiterons les causes de ces failles», a dit le ministre à des journalistes à Mumbai. Certaines incertitudes persistent notamment sur le nombre d'hommes armés qui ont participé à ces attentats.

Le gouvernement indien affirme avoir tué neuf terroristes et en avoir capturé un dixième mais les assaillants pourraient avoir été plus nombreux.

«Je crois qu'ils étaient plus de dix. Mes sources me disent qu'il y avait au moins 23 hommes armés», a déclaré Farhana Ali, ancienne analyste auprès de la CIA et des unités d'anti-terrorisme et experte des réseaux islamistes. «Si cela est le cas, la question se pose de savoir pourquoi n'y a-t-il pas eu plus d'attaques? Les autres sont-ils restés en retrait ?», s'est-elle interrogée.

«D'après les images des caméras de surveillance et d'après le témoignage de l'homme capturé, il y avait dix terroristes. Mais je ne pourrais pas vous dire si d'autres personnes ont joué un rôle dans toute cette opération», a précisé Chidambaram.

Après ces trois jours de violence, la tension reste très forte en Inde et des détonation ressemblant à des coups de feu ont été entendues près de l'aéroport international de New Delhi hier matin provoquant un mouvement de panique.

La police et des unités de commandos ont bouclé la zone au moment où un SUV avec un occupant s'enfuyait rapidement. La véhicule, pris en chasse, a réussi à échapper aux policiers. Aucune victime n'a été signalée.

Par ailleurs, les familles des victimes d'un attentat anti-français au Pakistan en 2002 vont demander une relance de l'enquête sur la base d'un document mettant en cause les militaires pakistanais, a annoncé hier leur avocat.

Un haut responsable français de la lutte antiterroriste a confirmé jeudi qu'un mémorandum saisi par hasard par la justice française ouvrait la piste d'une implication de l'armée pakistanaise dans un attentat imputé à des islamistes qui avait fait 14 morts dont 11 Français à Karachi en 2002.

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