Dossier nucléaire - La Corée du Nord proteste de sa bonne foi

Séoul — Les autorités nord-coréennes ont annoncé hier avoir fourni un inventaire de leur programme d'armement nucléaire, conformément à l'accord international conclu en février qui prévoyait la remise de ce document avant le 31 décembre.

«Nous avons déjà rédigé un rapport en novembre et en avons informé les États-Unis», a déclaré un représentant du ministère des Affaires étrangères, cité hier par l'agence de presse nord-coréenne KCNA.

«En ce qui concerne ce document, sur lequel de fausses opinions sont créées par certains milieux, la RPDC [République populaire démocratique de Corée] a fait ce qu'elle avait à faire.»

La Maison-Blanche a toutefois fait savoir peu après que les États-Unis n'avaient rien reçu de tel et a demandé à la Corée du Nord de se conformer rapidement à ses obligations.

«Nous n'avons malheureusement pas encore reçu d'inventaire exact et complet et nous appelons la Corée du Nord à transmettre rapidement ce document afin que toutes les parties puissent bénéficier des avantages convenus lors des pourparlers à six», a déclaré Gordon Johndroe, porte-parole de la présidence américaine.

Interrogé à ce sujet, le porte-parole du département d'État Sean McCormack a indiqué qu'aucun des quatre autres membres des pourparlers à six (Chine, Japon, Russie, Corée du Sud) n'avait reçu ce document et ajouté que Washington maintenait ses engagements formulés en février.

Démantèlement ralenti

Aux termes de ces accords, Pyongyang doit également démanteler ses installations nucléaires en échange d'un million de tonnes de fioul lourd ou d'aides équivalentes et de son retrait de la liste américaine des États finançant le terrorisme international.

Selon les États-Unis et la Corée du Sud, les autorités communistes coopèrent et ont entrepris le démantèlement de leur réacteur nucléaire, d'une usine de production de combustible et d'une unité de recyclage du combustible usagé en plutonium.

À Pyongyang, on indique avoir ralenti le rythme de ces opérations, l'aide ne parvenant pas aussi vite que prévu. Mais selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, «l'accord peut être appliqué en douceur».

Les États-Unis ont par ailleurs demandé à la Corée du Nord de répondre aux questions soulevées par des soupçons de programme militaire secret d'enrichissement d'uranium.

Pyongyang estime avoir prouvé sa bonne foi en autorisant l'inspection de nouvelles installations militaires et accuse Washington d'avoir retardé l'application de l'accord en ne rayant pas la Corée du Nord de sa «liste noire».

Dans un autre article diffusé hier, la presse officielle nord-coréenne prévient que le pays «renforcera ses capacités de dissuasion militaire en réponse aux tentatives américaines de lancer une guerre nucléaire».

La Corée du Nord menace fréquemment de renforcer ses moyens de dissuasion, lorsqu'elle estime ne pas être traitée convenablement par les puissances occidentales.

Selon les analystes, le différend ne devrait en l'état pas remettre en cause l'accord conclu en février.

Le département d'État américain a fait savoir que Christopher Hill, son émissaire chargé du dossier nucléaire, se rendrait la semaine prochaine en Asie et en Russie.

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Avec Paul Eckert et Tabassum Zakaria à Washington

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