Guatemala: des formations numériques pour l’émancipation des femmes

Miriane Demers-Lemay
Collaboration spéciale
Les femmes peuvent suivre les formations en présentiel dans des petits groupes organisés par des coopératives féminines, une ou deux fois par semaine.
Photo: Photo fournie par le CECI Les femmes peuvent suivre les formations en présentiel dans des petits groupes organisés par des coopératives féminines, une ou deux fois par semaine.

Ce texte fait partie du cahier spécial Solidarité internationale

Pour augmenter l’estime de soi des femmes et réduire l’inégalité entre les genres au Guatemala, le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) a mis en place un programme de formation numérique sur le renforcement féminin. Et selon les membres de l’organisation de coopération internationale, la formule est un succès.

« Il y a quelques mois, j’ai connu le programme Florece, qui a dépassé mes attentes, témoigne l’entrepreneure guatémaltèque Flor Mirella Amperez Alonzo dans un message vocal. Chaque module m’a apporté beaucoup d’apprentissages et de réflexion, et m’a permis de changer des domaines de ma vie personnelle. Pour moi,Florece est une occasion de soutien intégral à toutes les femmes. »

Flor Mireilla Amperez Alonzo fait partie des femmes guatémaltèques bénéficiaires du programme Florece disponible au sein de coopératives féminines depuis 2021. Le programme consiste en une série de modules contenant des formations vidéo sur des thèmes comme l’estime de soi, la communication affirmée, le leadership, la solidarité, le système coopératif et l’entrepreneuriat féminin.

Si l’entrepreneuriat permet l’autonomie économique et l’émancipation des femmes, il faut d’abord qu’elles croient davantage en elles pour que leur projet puisse aller de l’avant, observe Cindy de León, conseillère volontaire pour le développement économique des femmes pour le CECI. C’est d’ailleurs elle qui est à l’origine du projet.

« De quelle façon une entreprise féminine peut-elle perdurer si la femme n’est pas habilitée ? s’exclame-t-elle. Nous devions faire un pas en avant pour les femmes, puisque plusieurs ne se croient pas capables de bâtir une entreprise ou un projet. Avec les défis du machisme, le manque d’estime de soi, l’inégalité entre les gens, comment peut-on former les femmes à l’entrepreneuriat sans toucher à ces thèmes de base ? »

Miser sur le numérique

 

Les femmes peuvent suivre les formations en présentiel avec des petits groupes organisés par des coopératives féminines, une ou deux fois par semaine, ou encore à leur propre rythme sur Internet. Au sein des coopératives, les formations sont données à de petits groupes d’une dizaine de femmes, qui peuvent réaliser des exercices et discuter entre elles des notions abordées pendant les cours. Lorsque donnés une fois par semaine, les cours s’échelonnent pendant environ trois mois.

Les notions sont abordées par l’entremise de courtes vidéos de formation, accessibles sur une plateforme Web développée par l’équipe du CECI. Les formations comptent également des témoignages, comme celui d’une femme atteinte du cancer, pour parler de thèmes comme la résilience. « Il faut tenter d’avoir des nouvelles opportunités liées à la technologie », croit Mme de León, qui estime que l’utilisation de technologies numériques permet ainsi d’atteindre un public plus large, à l’échelle nationale.

« La réponse [des femmes] a été incroyable, ce sont des choses qu’on ne leur a jamais dites », remarque Mme de León. Après la formation, des femmes ont ainsi affirmé qu’elles ne s’occuperaient plus de l’éducation des enfants toutes seules. « Depuis la pandémie, les femmes sont plus isolées que jamais, il est important de fortifier le tissu communautaire féminin pour aller de l’avant », opine-t-elle.

Une action inclusive

 

« Partout sur le territoire du Guatemala, il y a beaucoup de discrimination par rapport à l’accès à l’éducation, renchérit Arnaud Deharte, chargé de projets pour CECI Guatemala. L’idée, c’est d’accompagner la personne qui veut entreprendre et générer son propre travail et un revenu. L’enjeu du programme [Florece], c’est de faire en sorte que les femmes les plus discriminées aient accès à ce type de programme. »

Au Guatemala, les programmes visant à renforcer l’entrepreneuriat féminin existent, mais il manquait une passerelle pour que les personnes les plus vulnérables y aient accès, selon Arnaud Deharte. « On travaille essentiellement avec des femmes et jeunes femmes autochtones vivant en milieu rural, poursuit l’expert, qui ajoute que les obstacles structurels restreignant l’accès à l’entrepreneuriat ont été identifiés dans la littérature pour créer le programme Florece. »

Le projet a été réalisé en coopération avec divers partenaires, comme une université régionale, des organismes travaillant avec des coopératives et des coopérants volontaires sur le terrain. « Ce travail coopératif nous permet d’aller chercher des dizaines de milliers de personnes qui, autrement, seraient inaccessibles », dit l’expert. Actuellement dans sa phase de pilotage, le programme Florece devrait bénéficier à plus de 400 femmes guatémaltèques.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

À voir en vidéo