Le Canada souhaite un retour au calme en Haïti avec l’envoi de matériel militaire

L’équipement est arrivé plus d’un mois après que l’un des gangs les plus puissants d’Haïti a encerclé un terminal de carburant et exigé la démission du premier ministre Ariel Henry.
Odelyn Joseph Associated Press L’équipement est arrivé plus d’un mois après que l’un des gangs les plus puissants d’Haïti a encerclé un terminal de carburant et exigé la démission du premier ministre Ariel Henry.

Le Canada veut jouer un rôle pour aider à « améliorer la sécurité » en Haïti avec l’envoi de matériel militaire à la Police nationale du pays, selon le premier ministre Justin Trudeau.

Le gouvernement fédéral a confirmé samedi soir que de l’équipement spécialisé, dont des véhicules blindés, avait atterri en Haïti pour aider la police locale à combattre l’un des gangs les plus puissants du pays. La livraison a été organisée conjointement entre le Canada et les États-Unis.

L’impasse qui perdure entre les gangs et le gouvernement d’Haïti met à rude l’épreuve le pouvoir du gouvernement et menace de faire dérailler davantage un pays où des millions de personnes luttent déjà pour trouver du carburant et de l’eau potable.

Un communiqué du département d’État américain a déclaré que l’équipement avait été acheté par le gouvernement haïtien, mais il n’a pas donné plus de détails sur les fournitures transportées par avion militaire vers la capitale de Port-au-Prince. Il s’agit d’une opération conjointe impliquant l’armée de l’air américaine et l’Aviation royale canadienne (ARC).

« Des aéronefs militaires canadiens et américains livrent du matériel et des fournitures — achetés par le gouvernement haïtien — à la Police nationale d’Haïti. Ce matériel aidera la police dans sa lutte contre les gangs criminels et contribuera à améliorer la sécurité », a écrit sur Twitter le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Le département d’État américain a fait une déclaration qui abonde dans le même sens indiquant que l’équipement aidera la Police nationale d’Haïti « dans sa lutte contre les acteurs criminels qui fomentent la violence et perturbent le flux d’aide humanitaire indispensable, entravant les efforts visant à stopper la propagation du choléra ».

L’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) a déclaré qu’il y avait plus de 560 cas suspects de choléra, quelque 300 hospitalisations et au moins 35 décès. Des experts avertissant que les chiffres sont probablement beaucoup plus élevés que ce qui est rapporté.

L’équipement est arrivé plus d’un mois après que l’un des gangs les plus puissants d’Haïti a encerclé un terminal de carburant et exigé la démission du premier ministre Ariel Henry. Des manifestants ont également bloqué les routes des grandes villes pour protester contre la forte hausse des prix du carburant après que M. Henry a annoncé début septembre que son administration ne pouvait plus se permettre de subventionner le carburant.

Depuis lors, les stations-service ont fermé, les hôpitaux ont réduit leurs services et les banques et les épiceries ont ouvert leurs portes de manière limitée alors que l’approvisionnement en carburant, en eau et en autres ressources diminue dans tout Haïti.

Les propriétaires du terminal de carburant ont annoncé samedi que des hommes armés avaient attaqué leurs installations pour la deuxième fois et se sont enfuis avec plus de 28 000 gallons de produits pétroliers après avoir maîtrisé le personnel de surveillance et d’urgence de l’installation.

C’était la deuxième fois cette semaine que des hommes armés ont fait irruption dans le terminal, qui stocke plus de 10 millions de gallons d’essence et de diesel et plus de 800 000 gallons de kérosène.

Avec Associated Press

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