L’ONU au centre de toutes les crises

Le Secrétariat de l’ONU, à New York
Photo: John Minchillo Associated Press Le Secrétariat de l’ONU, à New York

Le porte-parole adjoint du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Farhan Haq, s’installe derrière le lutrin de bois surdimensionné que compte la salle de breffage du quartier général des Nations unies.

Il y pose un volumineux cartable vert renfermant les problèmes de la planète, puis égrène la liste des sujets de préoccupation abordés durant la journée : tensions à Jérusalem, attaques meurtrières contre les forces armées centrafricaines à Nzacko, distribution d’aide humanitaire dans le nord de l’Éthiopie, réchauffement alarmant des montagnes coiffées de glaciers en Asie du Sud…

La haute représentante pour les affaires de désarmement, Izumi Nakamitsu, a profité de la présentation du 102e rapport mensuel de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques vendredi pour signaler au Conseil de sécurité ne pas avoir reçu les informations qu’elle avait demandées au gouvernement syrien au sujet des « agents neurotoxiques produits ou utilisés à des fins militaires dans une ancienne installation de fabrication d’armes chimiques ».

Chaque jour, des responsables onusiens se déplacent au siège de l’Organisation, à New York, pour faire rapport au Conseil de sécurité. Les souliers de certains d’entre eux portent la marque des terrains hostiles dans lesquels ils sont dépêchés — comme ceux de l’envoyé spécial du secrétaire général pour la région des Grands Lacs africains, Huang Xia. L’homme « discret, mais engagé » a dit s’inquiéter mercredi de l’amplification de la crise sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo en raison de la « résurgence du groupe armé M23 » et des « atrocités contre des civils » commises par des groupes armés, y compris les Forces démocratiques alliées.

Les rencontres du genre s’enchaînent.

« La coopération internationale s’organise au sein des Nations unies dans tous les domaines de l’activité humaine », souligne l’ancienne vice-secrétaire générale de l’ONU (1998-2006) Louise Fréchette. Les Nations unies tirent d’abord leur force des 193 États, dont les drapeaux sont hissés devant le complexe new-yorkais, qui en sont membres. « Il y a plein de problèmes qu’on ne peut pas gérer sans une participation très, très [large]. Alors, on peut avoir un “club de la démocratie”, pour faire avancer un grand nombre de nos objectifs, mais pour gérer, par exemple, les changements climatiques ou les pandémies ou le trafic de drogue, si vous êtes juste entre démocraties, votre impact va être limité », souligne-t-elle.

Farhan Haq a rapporté cette semaine que 94 États membres avaient réglé la totalité de leur contribution à l’ONU jusqu’à maintenant. Mercredi, il a annoncé une « récolte exceptionnelle » de chèques provenant des « amis [de l’ONU] de Gaborone, de Kingston et de Tachkent ». « Des idées sur les pays qui vont avec ces capitales ? » a-t-il demandé, obtenant des murmures en guise de réponse.
 

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.



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