Costa Rica: second tour à suspense de l’élection présidentielle

Quelque 3,5 millions d’électeurs du Costa Rica se rendaient aux urnes dimanche pour choisir entre le conservateur Rodrigo Chaves et le centriste Jose Maria Figueres, dans ce pays d'Amérique centrale en proie à la pauvreté et au chômage. 
Photo: Luis Acosta Agence France-Presse Quelque 3,5 millions d’électeurs du Costa Rica se rendaient aux urnes dimanche pour choisir entre le conservateur Rodrigo Chaves et le centriste Jose Maria Figueres, dans ce pays d'Amérique centrale en proie à la pauvreté et au chômage. 

Quelque 3,5 millions d’électeurs du Costa Rica ont commencé à voter dimanche pour le second tour d’une élection présidentielle à l’issue incertaine entre un candidat conservateur, Rodrigo Chaves, et le centriste José Maria Figueres.

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes à 06h00 (12h00 GMT) et fermeront à 18h00 (00h00 GMT). « Rendez-vous dans votre bureau de vote et votez », a déclaré le Tribunal suprême électoral (TSE) sur Twitter.

MM. Figueres, 67 ans, et Chaves, 60 ans, promettent d’apporter au cours des cinq années à venir des solutions aux problèmes qu’affronte le Costa Rica : la dette extérieure, équivalente à 70 % du PIB, le taux de pauvreté de 23 % de la population, le chômage à 14 %, et les scandales de corruption dans le secteur public.

Les deux hommes, au passé polémique, sont donnés quasiment à égalité par les derniers sondages. À quelques jours du scrutin, environ 18 % des électeurs étaient encore indécis, selon les enquêtes d’opinion.

M. Chaves, un économiste qui a claqué la porte du ministère des Finances du gouvernement sortant au bout de seulement 180 jours, a été sanctionné pour harcèlement sexuel de deux collaboratrices alors qu’il travaillait pour la Banque mondiale entre 2008 et 2013.

Face à lui, M. Figueres a déjà gouverné le pays de 1994 à 1998. Sans que cela aille jusqu’au procès, une enquête avait été ouverte contre l’ancien président, soupçonné d’avoir reçu 900 000 dollars en 2004 de la part de l’entreprise française Alcatel pour remporter des marchés publics. Exilé en Europe, M. Figueres avait refusé de répondre aux convocations de la justice, et n’est rentré au pays qu’en 2011, une fois l’affaire prescrite.

Quoi qu’il en soit, ni l’un ni l’autre ne disposera de majorité au Parlement, et le futur président devra composer avec les autres partis.

Pays « le plus heureux »

Le Costa Rica (5 millions d’habitants) est le pays le « plus heureux » d’Amérique latine, selon le dernier World Happiness Report (rapport mondial de bonheur). Cependant, le tourisme, l’un des principaux moteurs de son économie, a été durement frappé par la pandémie de coronavirus et a subi la plus forte progression du chômage dans la région, avec le Pérou.

« La priorité en ce moment, c’est de relancer l’économie […], chercher les moyens de donner du travail aux nombreux chômeurs », souligne l’auditeur Andres Fonseca.

« Le 3 avril va être une véritable révolution dans l’histoire de ce pays. On va nettoyer la maison », a lancé lors de son dernier meeting M. Chaves, qui cultive une image de batailleur et s’est qualifié en outsider lors du premier tour du 6 février.

M. Figueres, ancien président, et fils de l’ex-chef de l’État José Figueres, resté célèbre pour avoir supprimé l’armée en 1948, a pour slogan « l’expérience pour le progrès ».

« Cette élection est différentes de toutes celles qui l’ont précédée […] notre avenir est en jeu », a-t-il dramatisé lors de son meeting de fin de campagne.

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