Trump revient sur sa décision de prendre la parole le 6 janvier

Donald Trump a décidé d’annuler la conférence de presse qu’il prévoyait tenir.
Photo: Drew Angerer (Archives) Agence France-Presse Donald Trump a décidé d’annuler la conférence de presse qu’il prévoyait tenir.

Un an jour pour jour après l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, le président américain, Joe Biden, se prépare à placer jeudi Donald Trump face à sa responsabilité dans la tragédie. De son côté, l’ex-président a décidé d’annuler la conférence de presse qu’il prévoyait de tenir cette journée-là.

La nouvelle, annoncée en fin de journée mardi, a soulagé plusieurs élus républicains qui craignaient que cette allocution ne vienne à nouveau attirer les critiques sur leur parti politique et sur sa difficulté à se sortir de l’emprise du populiste tout comme de ses déclarations fallacieuses sur le vol des élections, à l’origine de l’insurrection.

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée », avait résumé plus tôt dans la journée sur le site Politico la sénatrice républicaine Shelley Moore Capito, questionnée sur cette conférence de presse. « Je suppose que cela dépend de ce qu’il va dire. Mais les premières hypothèses indiquent que ce sera une déclaration agressive. »

« C’est un pays libre et vous avez le droit de dire tout ce que vous voulez sous réserve de certaines restrictions, mais je pense que le pays a évolué », a déclaré le sénateur du Texas John Cornyn. « Nous devons concentrer nos efforts pour faire avancer les choses pour le peuple américain et non pas remettre en litige des questions déjà tranchées. »

« Parti pris total »

Mardi, par voie de communiqué, Donald Trump a prévenu qu’il ne prendrait pas la parole le 6 janvier, comme annoncé pourtant avant Noël. Il a blâmé au passage les médias et le comité d’enquête bipartisan du Congrès chargé de faire la lumière sur la tentative de l’ancien président de renverser les résultats de l’élection de 2020 en lançant ses troupes sur le Capitole.

« À la lumière du parti pris total et de la malhonnêteté du Comité pas très spécial [formé par les] démocrates sur le 6 janvier, des deux républicains manqués [une référence à Liz Cheney et Adam Kinzinger, les deux seuls républicains siégeant sur le comité] et des faux médias d’information, j’annule la conférence de presse du 6 janvier à Mar-a-Lago [sa résidence en Floride] jeudi », a précisé le populiste.

Dans la foulée, l’ex-vedette de téléréalité a annoncé garder ses commentaires sur les événements du 6 janvier pour un prochain rassemblement politique prévu le 15 janvier prochain en Arizona.

Mardi, le comité de la Chambre a accentué la pression sur l’ex-président déchu en rendant publiques des conversations par texto entre l’ex-chef de cabinet de Donald Trump, Mark Meadows, et l’animateur vedette du réseau d’information ultraconservateur Fox News, Sean Hannity.

Dans les jours précédents la tragédie, mais également le 6 janvier, l’homme de télévision a cherché à convaincre le président de ne pas utiliser cette journée de certification du vote par le pouvoir législatif américain pour tenter de renverser les élections et se maintenir au pouvoir, indiquent les échanges. Après l’insurrection, il a également tenté de convaincre Trump que les élections étaient terminées et il a essayé de faire reculer l’ex-président sur ses allégations répétées de fraude électorale.

Par lettre, le comité a invité M. Hannity à se présenter devant le comité pour commenter ces textos, à titre de « témoin factuel ». Mercredi, il n’était pas encore certain que l’animateur acquiesce à cette demande.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a annoncé mercredi que Joe Biden allait pour sa part profiter de cet anniversaire pour dénoncer la « responsabilité [de l’ancien] président Trump » dans ce « chaos ». Le président américain « voit dans le 6 janvier le couronnement tragique de ce que quatre années de présidence Trump ont fait à ce pays », a-t-elle indiqué.

Un an après l’insurrection, plus de la moitié des Américains (57 %) estiment qu’une telle tragédie risque de se produire à nouveau, « très prochainement », selon un sondage Axios/Momentive dévoilé mercredi. Le coup de sonde révèle également que 55 % d’entre eux estiment que Joe Biden a été légitimement élu, en baisse de trois points depuis le drame du 6 janvier 2021.

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