Les otages nord-américains récemment libérés en Haïti se sont en fait échappés

Le 16 octobre, le groupe de Christian Aid Ministries, composé de dix-sept personnes, dont cinq enfants, avait été enlevé.
Photo: Ricardo Arduengo Agence France-Presse Le 16 octobre, le groupe de Christian Aid Ministries, composé de dix-sept personnes, dont cinq enfants, avait été enlevé.

Les 12 membres du groupe de missionnaires nord-américains qui ont retrouvé la liberté jeudi dernier après deux mois aux mains d’un gang en Haïti se sont échappés en pleine nuit, a raconté lundi leur organisation religieuse.

Le 16 octobre, le groupe de Christian Aid Ministries, composé de dix-sept personnes, dont cinq enfants, avait été enlevé après la visite d’un orphelinat, à l’ouest de la capitale Port-au-Prince, au cœur d’une zone sous l’emprise d’un des principaux gangs de Haïti.

Cinq membres du groupe avaient été libérés séparément, en novembre et décembre.

 

Mi-décembre, aidé par la nuit, le groupe des douze otages restants, dont un bébé de dix mois et un enfant de trois ans, « a marché sans doute près de 16 kilomètres et traversé une épaisse forêt, naviguant entre les ronces » pour s’échapper, a raconté le porte-parole de Christian Aid Ministries, Weston Showalter, lors d’une conférence de presse en ligne.

« Nous avons marché dans les ronces pendant deux heures, nous étions dans les territoires de gangs, » a raconté l’un de ceux qui se sont échappés, cité par le porte-parole.

Le 15 décembre, après plusieurs tentatives, le groupe est parvenu à briser la porte derrière laquelle ses membres étaient retenus captifs et à déjouer l’attention des gardes. Les adultes ont caché de l’eau dans leurs vêtements, protégé le bébé dans des couvertures et porté les deux autres jeunes enfants pour s’échapper et marcher à travers la forêt, a raconté Weston Showalter.

Otages bien traités

 

Selon lui, les otages n’ont pas été victimes de violences lors de leur séquestration, et ont été nourris, même s’ils ont bu une eau contaminée et souffert de faim et du manque de sommeil.

Les membres du gang 400 Mawozo, à l’origine de l’enlèvement, avaient réclamé un million de dollars par personne gardée captive, selon les informations recueillies par l’AFP.

L’organisation religieuse Christian Aid Ministries a indiqué avoir levé de l’argent destiné à une rançon afin de poursuivre les négociations, mais n’a pas souhaité donner davantage de détails, et le paiement d’éventuelles rançons reste inconnu.

Dans une vidéo publiée fin octobre sur les réseaux sociaux, le chef de la bande armée avait menacé d’exécuter les otages.

Longtemps cantonnés aux quartiers les plus pauvres de la capitale de ce pays embourbé dans une crise politique profonde et une spirale de violence, les gangs mènent leurs activités criminelles en toute impunité. Le Centre d’analyse et de recherche en droits humains, organisation basée à Port-au-Prince, a recensé au moins 949 enlèvements depuis le début de l’année.

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