Comment «Let’s Go Brandon!» est devenu un code pour insulter Joe Biden

L’expression est devenue un code conservateur pour quelque chose de beaucoup plus vulgaire : « F -- Joe Biden. »
Photo: Joshua Bessex Associated Press

L’expression est devenue un code conservateur pour quelque chose de beaucoup plus vulgaire : « F -- Joe Biden. »

Lorsque le représentant républicain Bill Posey de Floride a mis fin à un discours prononcé le 21 octobre à la Chambre des représentants, le poing levé en disant « Let’s go Brandon ! » (« Allez Brandon ! »), cela a peut-être semblé énigmatique et étrange pour plusieurs de ceux qui l’écoutaient. Mais l’expression gagnait déjà en popularité dans les cercles de droite, et maintenant, la phrase en apparence positive — qui est en fait une façon d’insulter le président Joe Biden — est de plus en plus utilisée.

Le républicain de Caroline du Sud Jeff Duncan portait un masque facial sur lequel était écrit « Let’s Go Brandon ! » au Capitole la semaine dernière. Le sénateur du Texas Ted Cruz a posé avec une pancarte « Let’s Go Brandon ! » lors d’un match des Séries mondiales. L’attaché de presse du sénateur Mitch McConnell a republié sur Twitter une photo de la phrase sur un panneau de construction en Virginie.

L’expression est devenue un code conservateur pour quelque chose de beaucoup plus vulgaire : « F -- Joe Biden. » Elle est à la mode chez les républicains qui veulent prouver leurs allégeances conservatrices, comme une poignée de main pas si secrète qui signale qu’ils sont en phase avec la base du parti.

Les Américains sont habitués à ce que leurs dirigeants soient publiquement cibles de moqueries, et le langage souvent grossier de l’ancien président Donald Trump a semblé élargir les limites de ce qu’est un discours politique normal.

Mais comment les républicains ont-ils choisi l’expression de « Let’s Go Brandon ! » en tant que substitut à l’expression plus vulgaire qui commence par la lettre F ?

Tout a commencé lors d’une course NASCAR, le 2 octobre, au Talladega Superspeedway en Alabama. Brandon Brown, un pilote de 28 ans, avait remporté sa première série Xfinity et était interviewé par une journaliste de NBC Sports. La foule derrière lui scandait quelque chose d’abord difficile à reconnaître. La journaliste a suggéré qu’ils scandaient « Let’s Go Brandon ! » pour encourager le pilote. Mais il est devenu de plus en plus clair qu’ils disaient plutôt : « F -- Joe Biden. »

La NASCAR et NBC ont depuis pris des mesures pour limiter le « bruit ambiant de la foule lors d’entrevues », mais il était trop tard — la phrase avait déjà pris son élan.

Lorsque le président a visité un chantier de construction dans la banlieue de Chicago il y a quelques semaines pour promouvoir la vaccination, des manifestants ont scandé les deux phrases de trois mots. La semaine dernière, le cortège de M. Biden est passé devant une bannière « Let’s Go Brandon ! » alors que le président traversait Plainfield, New Jersey.

Et un groupe a scandé « Let’s Go Brandon ! » à l’extérieur d’un parc de Virginie lundi lorsque M. Biden a fait une apparition au nom du candidat démocrate au poste de gouverneur, Terry McAuliffe. Deux manifestants ont complètement abandonné l’euphémisme, brandissant des pancartes dessinées à la main avec le blasphème.

L’ancien président Donald Trump n’a pas manqué l’occasion. Son comité d’action politique « Save America » vend maintenant un t-shirt à 45 $ sur lequel « Let’s go Brandon ! » est inscrit au-dessus d’un drapeau américain. Un message aux sympathisants se lit comme suit : « #FJB ou LET’S GO BRANDON ? Quoi qu’il en soit, le président Trump veut que VOUS ayez notre nouveau t-shirt ICONIQUE. »

Séparément, des t-shirts apparaissent dans les vitrines des magasins avec le slogan et le logo de NASCAR.

Et en ce qui concerne le vrai Brandon, les choses n’ont pas été si bonnes pour lui. Il pilote pour une équipe à court de personnel et sous-financée appartenant à son père. Et bien que cette victoire — sa première en carrière — ait été énorme pour lui, l’équipe se bat depuis longtemps pour obtenir des commanditaires et ses partenaires existants n’ont pas mis de l’avant le pilote dans leurs campagnes publicitaires depuis l’apparition du slogan.

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