Le gouvernement dénonce une campagne de stigmatisation contre la police

Manifestation contre le président Ivan Duque à Bogotá vendredi.
Photo: Juan Barreto Agence France-Presse Manifestation contre le président Ivan Duque à Bogotá vendredi.

La Colombie a dénoncé vendredi une « campagne de stigmatisation » contre la police, après les critiques de la communauté internationale sur un usage excessif de la force au cours des manifestations antigouvernementales qui secouent ce pays depuis dix jours et ont fait au moins 26 morts.

« Il y a une campagne visant à stigmatiser les opérations des forces de sécurité sur les réseaux sociaux dans le but de les retourner contre la société », a déclaré le ministre de la Défense Diego Molano à la radio locale Blu Radio, sans préciser qui serait derrière cette présumée campagne.

L’ONU, l’Union européenne, les États-Unis et des organisations de défense des droits de la personne ont dénoncé ces derniers jours l’usage disproportionné de la force par la police colombienne dans la répression des manifestations contre le président conservateur Ivan Duque.

Les réseaux sociaux

Les propos de M. Molano font suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’images montrant des manifestants dans la ville de Cali (sud-ouest) qui dénoncent des attaques de la part de policiers en civil armés.

Le ministre de la Défense, qui supervise la police en Colombie, a reconnu que les hommes qui apparaissent sur les images sont des policiers, mais a nié qu’ils aient agressé des manifestants. Il s’agissait d’enquêteurs dans une « opération anti-extorsion », a-t-il affirmé.

« La force du gouvernement est dirigée contre les vandales, pas contre les manifestants », a ajouté M. Molano.

Selon le gouvernement et le parquet, des dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui ont rejeté l’accord de paix signé en 2016, et des rebelles de l’Armée de libération nationale (ELN), la dernière guérilla active en Colombie, se camouflent parmi les manifestants pour « vandaliser » et attaquer les forces de l’ordre. Trois policiers ont été blessés par des tirs pendant les manifestations.

Initialement lancé contre un projet de réforme fiscale, le mouvement de protestation s’est transformé en une vague de contestation de la politique du président Duque.

La force du gouvernement est dirigée contre les vandales, pas contre les manifestants.

 

Vendredi, l’ONU a réitéré son « appel à ce que soit garanti le droit à la liberté de rassemblement pacifique et de manifestation » en Colombie.

Jeudi, le chef de l’État a appelé à un dialogue avec « tous les secteurs » de la société, dont le Comité national de grève, un collectif qui a lancé l’appel à la mobilisation.

Le gouvernement a déployé 47 500 membres des forces de sécurité dans tout le pays. Au moins 26 personnes ont été tuées et 800 ont été blessées dans des heurts avec les forces de l’ordre depuis le début de la contestation, le 28 avril.

 

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