Le Mexique ouvre une enquête sur l’accident du métro de Mexico

La ligne 12 du métro de Mexico, où s'est produit l'accident, lundi, présentait déjà des problèmes d'infrastructure et de fonctionnement. 
Photo: Claudio Cruz Agence France-Presse La ligne 12 du métro de Mexico, où s'est produit l'accident, lundi, présentait déjà des problèmes d'infrastructure et de fonctionnement. 

Le Mexique a entamé mardi la recherche des responsables dans l’accident du métro de Mexico survenu la veille, qui a fait au moins 24 morts et quelque 80 blessés.

Les regards se tournent notamment vers celui qui était le maire de la ville au moment de l’inauguration de cette ligne « maudite » le 30 octobre 2012, l’actuel ministre mexicain des Affaires étrangères et potentiel candidat à la présidence, Marcelo Ebrard, un vieux routier de la politique locale.

Dans la matinée, devant la presse, le président, Andres Manuel Lopez Obrador, a immédiatement promis « une enquête approfondie » pour faire la lumière sur les causes de cet événement tragique et ainsi désigner les coupables. L’enquête a été confiée au ministère public général de la République et au procureur général de la Ville de Mexico, a-t-il précisé, et recevra l’appui d’experts internationaux indépendants.

Présente à cette conférence de presse, la mairesse de Mexico, Claudia Sheinbaum, a indiqué que des mineurs figurent parmi les victimes. Selon le dernier bilan des autorités, 21 personnes sont décédées sur les lieux du drame et trois à l’hôpital.

Ebrard montré du doigt

Alors que la poussière des décombres n’était pas encore retombée, la presse locale a évoqué les polémiques qui avaient surgi au moment de la construction de cette ligne d’environ 25 kilomètres traversant le sud de la capitale, ainsi que ses problèmes récurrents de fonctionnement.

La ligne 12 est l’une des deux lignes du métro mexicain qui ne fonctionnent pas sur pneumatiques — à l’instar du métro de Montréal —, mais sur voie ferrée traditionnelle. Depuis le début des opérations, une usure des rails et des roues des trains avait été détectée, qui avait forcé en mars 2014 le successeur de M. Ebrard à suspendre le service dans 12 stations. Une étude avait alors conclu à des problèmes de conception, d’exploitation et d’entretien des voies.

Marcelo Ebrard, présent à la conférence de presse, a évoqué un « jour triste pour tous ». « Je me mets à l’entière disposition des autorités », a déclaré le ministre, pressenti pour être candidat à l’élection présidentielle de 2024.

L’accident s’est produit vers 22 h (23 h au Québec) dans la nuit de lundi à mardi. Près de la station Olivos, une rame du métro a plongé dans le vide après l’effondrement, sur son passage, d’un pont de 12 mètres de haut.

Tout le secteur a été bouclé par la police et l’armée, qui ont dressé un périmètre de sécurité. Des grues sont entrées en action pour soulever les blocs de béton et de métal, et dégager ainsi d’éventuels survivants.

Sur place, des témoins ont fait entendre de virulentes critiques contre Marcelo Ebrard. « Qu’il vienne ici voir ce qu’il nous a laissé. C’est lui, le responsable », a hurlé une femme devant les caméras en proférant des accusations de corruption à son encontre.

Seulement cinq personnes parmi les victimes ont pour l’heure été formellement identifiées. Et l’angoisse grandit pour plusieurs familles sans nouvelles d’un de leurs proches.

Jose Luis Vigil participait aux recherches d’un voisin et de sa femme, dont la voiture se trouvait sous les décombres. « Son beau-père nous dit qu’il est déjà mort, mais un journaliste a enregistré une vidéo le montrant coincé [sous les décombres] et demander de l’aide. Nous savons qu’elle [l’épouse] est en vie », a-t-il confié.

Défaillances

Sur la chaîne de télévision Milenio, le dirigeant du syndicat des travailleurs du métro, Fernando Espino, a soutenu que des ingénieurs avaient déjà signalé à plusieurs reprises des défaillances. « Il se peut que ce soit de la négligence, qu’ils n’aient pas pris la chose au sérieux », a-t-il déclaré, notant que la maintenance de la ligne 12 est assurée par une entreprise extérieure, contrairement aux autres lignes de métro.

La mairesse de Mexico, Claudia Sheinbaum, a toutefois assuré que des travaux de maintenance étaient effectués « tous les jours » sur les différentes lignes.

Il s’agit du second accident de métro depuis le début de l’année. En janvier dernier, un incendie avait endommagé les installations de contrôle du réseau, faisant un mort et 29 blessés. En mars 2020, une collision entre deux rames avait fait un mort et 41 blessés. Et en 1975, six ans après l’inauguration des premières lignes, un accident avait fait 23 morts.

Le métro de Mexico est un réseau de 200 kilomètres qui compte 12 lignes et 195 stations. Il convoie quotidiennement environ 4,5 millions de passagers.

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