Pénurie de médicaments pour intubation à São Paulo

Le Brésil est confronté à une nouvelle vague de pandémie de COVID-19 hors de contrôle avec une envolée depuis février des contaminations et des morts.
Photo: Tarso Sarraf Archives Agence France-Presse Le Brésil est confronté à une nouvelle vague de pandémie de COVID-19 hors de contrôle avec une envolée depuis février des contaminations et des morts.

Les médicaments nécessaires aux intubations commencent à manquer dans le réseau de santé public de São Paulo, ont rapporté jeudi les autorités municipales en avertissant du risque d’effondrement du système hospitalier.

Les Secrétaires municipaux de la Santé de l’État de São Paulo (Cosems-SP) ont révélé que 68 % des centres de santé du réseau de la métropole n’avaient plus de myorelaxants qui permettent d’empêcher les contractions musculaires réflexes lors d’une intubation, et que 61 % d’entre eux avaient épuisé leurs stocks de sédatifs.

« L’analyse de nos données du 13 avril montre une aggravation de l’état des réserves de médicaments pour intubation par rapport à celles du 5 avril » , selon les Secrétaires de la Santé.

« Il y a 40 jours nous avons envoyé des lettres au ministère de la Santé pour l’alerter et demander de l’aide. Ce sont des médicaments importants pour sédater les patients » confrontés à une intubation, a déclaré le Secrétaire à la Santé de São Paulo, Jean Gorinchteyn, dans un entretien à la télévision Globo News.

Le gouverneur de São Paulo Joao Doria a interpellé jeudi sur Twitter les députés et sénateurs fédéraux auxquels il a demandé de chercher pourquoi l’appel à l’aide des Secrétaires à la Santé « avait été ignoré » .

« Nous prenons des mesures pour acquérir des médicaments à l’étranger » , a-t-il écrit, alors que les hôpitaux ne sont pas autorisés à acheter des médicaments localement.

Le Brésil est confronté à une nouvelle vague de pandémie de COVID-19 hors de contrôle avec une envolée depuis février des contaminations et des morts. Le pays de 212 millions d’habitants a franchi mercredi le seuil des 360 000 décès en un peu plus d’un an, le pire bilan au monde après les États-Unis.

État le plus riche et le plus peuplé du Brésil (46 millions d’habitants), São Paulo déplore en moyenne mobile (sur 14 jours) 773 décès quotidiens, selon le ministère de la Santé.

Au total 85 475 décès du coronavirus ont été recensés et le taux est de 186 morts pour 100 000 habitants, contre 172 en moyenne nationale.

Actuellement, 86,4 % des lits en soins intensifs sont occupés, et des hôpitaux ont été contraints de fermer des lits en raison du manque de médicaments.

Dans les États de Rio de Janeiro et du Minas Gerais (sud-est également), eux aussi très touchés, les curares commencent également à manquer par endroits pour les intubations.

Des médias locaux ont rapporté mercredi, en citant du personnel soignant, que certains patients intubés avaient été attachés à leur lit car ils se réveillaient et s’agitaient faute de sédatifs.