L’ancienne présidente bolivienne Jeanine Añez risque la prison

Jeanine Añez est accusée de coup d’État contre l’ancien président Evo Morales.
Photo: Aizar Raldes Agence France-Presse Jeanine Añez est accusée de coup d’État contre l’ancien président Evo Morales.

Le parquet bolivien a requis dimanche six mois de prison préventive contre l’ancienne présidente de droite Jeanine Añez, dans une affaire de coup d’État présumé contre l’ancien président Evo Morales, les organisations internationales appelant à un processus judiciaire transparent. Trois procureurs ont signé l’acte d’accusation pour l’application « de mesures de précaution consistant en une détention préventive […] pour une période de six mois » dans des prisons de La Paz, indique le document publié dimanche.

La télévision a montré samedi des images de l’ancienne dirigeante à son arrivée à l’aéroport d’El Alto à La Paz, en présence du ministre de l’Intérieur et de plusieurs policiers. Visée par un mandat d’arrêt pour « sédition » et « terrorisme », elle a aussitôt qualifié sa détention d’« illégale » devant la presse.

Le gouvernement « m’accuse d’avoir participé à un coup d’État qui n’a jamais eu lieu », a écrit sur Twitter Mme Añez, arrêtée dans la localité amazonienne de Trinidad, à 600 kilomètres de la capitale. Une fois à La Paz, elle a été emmenée dans les bureaux du ministère public pour y être interrogée.

Evo Morales, au pouvoir de 2006 à 2019, a dénoncé la « dictature » du gouvernement de Mme Añez, pendant lequel il avait lui-même été visé par une enquête pour sédition et terrorisme. Il a réclamé que soient « sanctionnés » les responsables du « coup d’État » de novembre 2019.

À l’issue de la présidentielle d’octobre 2019, au cours de laquelle Evo Morales briguait un quatrième mandat, et de la confusion qui avait entouré les résultats le donnant vainqueur, l’opposition avait crié à la fraude. Des troubles et des violences avaient suivi le scrutin, finalement annulé. Sur fond de manifestations au cours desquelles au moins 35 personnes avaient été tuées, la police et l’armée avaient retiré leur soutien à M. Morales. Ce dernier avait finalement démissionné.

Jeanine Añez, deuxième vice-présidente du Sénat, avait prêté serment le 12 novembre 2019. Le parti d’Evo Morales avait alors dénoncé un « coup d’État ».

L’enquête du parquet fait suite à une plainte déposée en décembre par Lidia Patty, une ancienne députée du Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti d’Evo Morales et de Luis Arce. Elle accuse Mme Añez et d’anciens ministres, responsables militaires et policiers d’avoir renversé M. Morales en novembre 2019 et a porté plainte pour « sédition », « terrorisme » et « conspiration ».

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