En Équateur, le socialiste Arauz s’arroge la victoire à la présidentielle

Dans un contexte de crise économique aggravée par la pandémie qui a sévèrement touché ce petit pays andin, 13,1 millions d’électeurs étaient appelés à désigner le successeur de l’impopulaire président Lenin Moreno, qui terminera le 24 mai son mandat de quatre ans.
Photo: Dolores Ochoa Associated Press Dans un contexte de crise économique aggravée par la pandémie qui a sévèrement touché ce petit pays andin, 13,1 millions d’électeurs étaient appelés à désigner le successeur de l’impopulaire président Lenin Moreno, qui terminera le 24 mai son mandat de quatre ans.

Le socialiste Andrés Arauz devrait affronter le conservateur Guillermo Lasso au second tour de l’élection présidentielle du 11 avril en Équateur, le dauphin de l’ex-président Rafael Correa criant cependant « victoire » avant même les premiers résultats partiels du scrutin de dimanche.

Selon des sondages de sorties des urnes, Arauz a obtenu entre 34,9 % et 36,2 % des voix et Lasso entre 21 % et 21,7 %. Pour l’emporter au premier tour, le vainqueur doit engranger la moitié des voix plus une, ou au moins 40 % avec dix points d’avance sur le suivant.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le Conseil national électoral (CNE) n’avait pas encore publié son premier décompte partiel de la présidentielle, organisée simultanément avec les élections législatives. Cela n’a toutefois pas empêché Andrés Arauz de se déclarer vainqueur dès la fermeture des bureaux de vote.

« Nous avons gagné ! Triomphe écrasant dans toutes les régions de notre beau pays. Notre victoire est de 2 à 1 face au banquier », a écrit Arauz sur son compte Twitter, en appelant toutefois à attendre « les résultats officiels » publiés par le CNE.

Yaku Perez, leader autochtone de gauche opposé au corréisme, était donné troisième avec entre 16,7 % et 18 % des suffrages exprimés, selon ces enquêtes des instituts Cedatos et Clima Social.

Dans un contexte de crise économique aggravée par la pandémie qui a sévèrement touché ce petit pays andin, 13,1 millions d’électeurs étaient appelés à désigner le successeur de l’impopulaire président Lenin Moreno, qui terminera le 24 mai son mandat de quatre ans.

 
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C’est le nombre de candidats qui étaient en lice pour cette présidentielle, un record. Ce scrutin se tient en même temps que les élections législatives dans ce pays d’Amérique du Sud.

Seize candidats, un record, étaient en lice. L’économiste Arauz, 36 ans, candidat de la coalition Union pour l’espérance (UNES, gauche), et l’ex-banquier Guillermo Lasso, 65 ans, de Créer des opportunités (CREO, droite), étaient donnés favoris loin devant les autres.

Lasso, qui appelle au « changement », tente sa chance pour la troisième fois, après avoir perdu de deux points en 2017 face à Moreno alors corréiste. Dans la journée, il a dit avoir confiance en sa « victoire », mais au second tour.

« Mandat fragile »

Selon les analystes, l’avocat Yaku Perez, 51 ans, candidat du parti autochtone Pachakutik, pourrait peser dans la balance pour déterminer l’issue de la présidentielle. Cet écologiste, de gauche mais opposé au corréisme, bénéficie de la popularité du soulèvement social de 2019.

Il unit le vote des autochtones « à celui de la gauche non corréiste et d’autres secteurs comme les jeunes », selon le politologue Simon Pachano, de la Faculté latino-américaine de sciences sociales (Flacso).

Parmi les 13 autres candidats, placés dans les sondages loin derrière les trois premiers, figurait une seule femme : Ximena Peña, candidate d’Alliance Pays (AP), parti au pouvoir affaibli par la lutte Moreno-Correa.

À l’issue d’une campagne limitée par la COVID-19, qui a fait plus de 15 000 morts dans ce pays de 17,4 millions d’habitants, les électeurs devaient aussi désigner les 137 députés du Parlement monocaméral. Du fait de la fragmentation des forces politiques, le prochain gouvernement ne devrait pas y détenir de majorité.

« Quel que soit le vainqueur, il aura un mandat fragile », devra « chercher des consensus », selon le politologue Esteban Nichols, de l’Université andine Simon Bolivar.

La crise suscite un fort mécontentement. Déjà affaibli par la chute des cours du pétrole, principal produit d’exportation, l’Équateur a doublé sa dette et craint une contraction de son économie de 8,9 % en 2020.

La campagne électorale qui s’est achevée a tourné autour de Rafael Correa, président de 2007 à 2017 et figure de la gauche latino-américaine, mais parti vivre en Belgique et qui a été depuis condamné pour corruption.

 

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