Bolsonaro affiche de l’assurance malgré des revers aux élections municipales

Le président Jair Bolsonaro, qui n’est plus affilié à aucun parti et avait été élu sur une image d’«antisystème» populiste, avait décidé de ne pas s’impliquer dans cette campagne aux enjeux surtout locaux.
Photo: Evaristo Sa Agence France-Presse Le président Jair Bolsonaro, qui n’est plus affilié à aucun parti et avait été élu sur une image d’«antisystème» populiste, avait décidé de ne pas s’impliquer dans cette campagne aux enjeux surtout locaux.

Le président brésilien, Jair Bolsonaro, a estimé lundi que la vague de la droite conservatrice apparue avec son élection en 2018 allait perdurer au Brésil, au lendemain d’élections municipales où ses candidats ont presque tous échoué.

Ces élections ont apporté « le signal clair que la vague conservatrice de 2018 est apparue pour de bon », a assuré sur Twitter le chef de l’État d’extrême droite, avant d’ajouter que la gauche avait selon lui « subi une défaite historique ».

Le président a tenté de prendre ses distances après ce que des commentateurs ont appelé « le naufrage » des candidats pour lesquels il avait appelé à voter au premier tour de dimanche.

« Mon aide à quelques candidats s’est réduite à quatre directs [sur Facebook] de trois heures », a-t-il dit.

Sur les 13 protégés du président candidats à une mairie, seuls 2 ont été élus et 2 autres se sont qualifiés pour le second tour du 29 novembre. Sur les 45 conseillers municipaux que Bolsonaro a soutenus, seuls 9 ont été élus, soit 20 %.

Le revers le plus cinglant a été enregistré par le candidat bolsonariste à la mairie de São Paulo, le présentateur de télévision Celso Russomanno. Il est arrivé à la 4e place avec 10,5 % des suffrages, et c’est Guilherme Boulos, du Parti Socialisme et Liberté (PSOL), qui s’est qualifié pour le second tour (20,2 %), une heureuse surprise pour la gauche.

À Rio de Janeiro, un autre protégé de Bolsonaro, l’impopulaire maire sortant Marcelo Crivella (Republicanos, droite), un ex-pasteur néo-pentecôtiste, s’est qualifié pour le second tour, mais avec seulement 21,9 % des voix, ce qui lui laisse très peu de chances.

Les partis traditionnels du centre et de la droite sortent renforcés du premier tour des municipales au Brésil, selon les commentateurs politiques.

Bolsonaro, qui n’est plus affilié à aucun parti et avait été élu sur une image d’« antisystème » populiste, avait décidé de ne pas s’impliquer dans cette campagne aux enjeux surtout locaux.

Mais, la semaine dernière, il avait finalement choisi d’apporter son soutien à des candidats pour « éradiquer le communisme ».

Dimanche, le président avait effacé de son compte Facebook une publication dans laquelle il appelait les électeurs à soutenir des candidats qui, en majorité, ont été défaits, selon l’équipe de fact-checking de l’AFP.

Percée des candidats trans

Des candidats trans ont obtenu des scores historiques dimanche lors des élections municipales dans de grandes villes du Brésil, où ils ont été autorisés pour la première fois à se présenter sous leur nom d’usage. À São Paulo, la plus grande métropole du pays, deux personnes trans font partie du top 10 des candidats les mieux élus au conseil municipal. Érika Hilton, du parti de gauche PSOL, est arrivée en sixième position avec 50 477 voix, devenant ainsi la première femme trans noire élue au conseil municipal de la capitale économique du Brésil. Thammy Miranda, fils de Gretchen, une chanteuse célèbre, a obtenu le neuvième score. Né femme, ce membre du Parti libéral (droite) avait défrayé la chronique au Brésil en faisant une campagne de publicité pour la fête des Pères pour une marque de cosmétiques. Traditionnellement machiste et homophobe, le Brésil est un des pays où l’on recense le plus de meurtres de transsexuels au monde, soit 124 en 2019.


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