Des travailleurs de la santé brésiliens accusent Bolsonaro de crime contre l’humanité

Les syndicats accusent Jair Bolsonaro «d’avoir fait preuve de négligence criminelle dans sa gestion de la pandémie de COVID-19, risquant la vie de professionnels de la santé et de membres de la société brésilienne».
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Les syndicats accusent Jair Bolsonaro «d’avoir fait preuve de négligence criminelle dans sa gestion de la pandémie de COVID-19, risquant la vie de professionnels de la santé et de membres de la société brésilienne».

Des membres du personnel de la santé au Brésil ont demandé lundi à la Cour pénale internationale (CPI) d’ouvrir une enquête sur la réponse du président Jair Bolsonaro à la pandémie de COVID-19, qui constitue selon eux un crime contre l’humanité.

Le dossier a été présenté à la Cour basée à La Haye par une coalition de syndicats disant représenter plus d’un million de travailleurs du secteur de la santé du pays d’Amérique latine.

Les syndicats accusent le dirigeant d’extrême droite « d’avoir fait preuve de négligence criminelle dans sa gestion de la pandémie de COVID-19, risquant la vie de professionnels de la santé et de membres de la société brésilienne », selon des documents consultés par l’AFP.

La CPI, créée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde, n’a aucune obligation de donner suite aux milliers de requêtes de ce type déposées auprès de sa procureure, qui décide indépendamment des affaires à soumettre aux juges. 

Jair Bolsonaro, qui a annoncé samedi avoir été déclaré négatif à la COVID-19, plus de deux semaines après reçu un diagnostic positif, a souvent minimisé la gravité de la pandémie en qualifiant la maladie de « grippette ».

Les syndicats affirment que le président brésilien a « perpétué les risques de contamination à la COVID-19 en favorisant le rassemblement de ses partisans, en les approchant sans masque et en faisant la publicité d’un traitement médical hautement discutable, comme l’hydroxychloroquine », jugée inefficace contre la maladie par plusieurs études scientifiques.

« L’administration Bolsonaro doit être tenue pour responsable de sa réponse impitoyable à la pandémie et de son refus de protéger les soignants et les Brésiliens qu’elle a juré de défendre », a déclaré dans un communiqué Marcio Monzane, secrétaire pour la région Amérique de la fédération syndicale UNI Global Union.

Le Brésil est le deuxième pays le plus touché au monde par le coronavirus, avec plus de 2,4 millions de personnes contaminées depuis le début de la pandémie et quelque 87 000 morts, selon les chiffres officiels.

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