São Paulo au front de la pandémie

À Paraisópolis, les résidents ont embauché des équipes de santé et loué trois ambulances grâce à une campagne de sociofinancement.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir À Paraisópolis, les résidents ont embauché des équipes de santé et loué trois ambulances grâce à une campagne de sociofinancement.

Dans un pays où le bilan total a dépassé les 80 000 morts et plus de deux millions d’infections, la crise de la COVID-19 révèle l’extrême précarité de la population des favelas. Centre économique et financier du Brésil, São Paulo est aussi la ville d’Amérique latine où le plus grand nombre de personnes vivent dans des bidonvilles, soit 30 % de la population. Le Devoir s’est rendu en son coeur et dans ces quartiers abandonnés par l’État en périphérie de la métropole, mais épicentre brésilien de la pandémie.

La ville est calme en ce vendredi de la fin de juin. Sur un mur, une pancarte incite les gens à rester à la maison. « Fica em casa. Quem nao luta ja ta morto » (Qui ne lutte pas est déjà mort). Dans un pays où le président, Jair Bolsonaro, a minimisé la crise — le Brésil compte 20 % des cas de COVID-19 dans le monde —, l’heure est pourtant à la réouverture.

En plein cœur de la mégapole, sur un boulevard où sont rassemblés garages et ateliers de mécanique automobile, quelques magasins hétéroclites, plus colorés que les autres, attirent encore beaucoup de clients. Les fleuristes font des affaires en or. En face, des familles endeuillées attendent d’aller enterrer leurs proches dans le cimetière de Villa Formosa, le plus grand d’Amérique latine.

Seuls deux des enfants de Benedito Abreu Vanderlei, 73 ans et mort de la COVID-19, ont pu venir assister à sa mise en terre. Avec eux, plusieurs familles attendent déjà. La camionnette et une voiturette de golf arrivent avec trois cercueils. Les employés du cimetière demandent : « À qui est le gros ? » La famille se manifeste, c’est celle de Benedito. En moins de cinq minutes, son cercueil est en terre.

Felipe Bauere inhume, jour après jour, des victimes de la COVID. Il travaille habituellement pour l’institut médico-légal de São Paulo, allant chercher les corps des gens décédés pour les amener à la morgue. Depuis le début de la crise, il a été transféré au cimetière pour prêter main-forte aux employés surchargés. « Chaque jour, on enterre ici plus de 60 personnes, le double de la moyenne habituelle. Au pire de la crise, c’étaient 80, raconte-t-il. Seulement deux ou trois cas sont confirmés, les autres sont tous suspectés. »

Photo: Renaud Philippe Le Devoir Seuls deux deux enfants de Benedito Abreu Vanderlei, 73 ans et mort de la COVID-19, ont pu venir assister, accompagnés de leur conjoint, à sa mise en terre au cimetière de Villa Formosa.

Une femme âgée se fraye difficilement un chemin, avec sa canne, entre les sépultures. Chaque jour, elle se recueille sur la tombe de son fils et fait jouer un psaume sur son téléphone. Il avait 34 ans. Elle était partie à la pharmacie pour acheter des antidouleurs. En revenant, elle l’a trouvé sur le sol, très mal en point. Quand l’ambulance est arrivée, deux heures après l’appel, il était déjà mort. On lui a dit qu’il était décédé d’insuffisances cardiaque et respiratoire. Sa seule consolation est qu’un arbre occupe l’emplacement adjacent à la tombe de son fils. Elle pourra l’y rejoindre.

Non loin de là, sur la célèbre avenue Paulista, une action se prépare pour honorer la mémoire des morts de la COVID-19 et dénoncer l’inaction de l’État. Quelques manifestants bloquent pacifiquement une partie de l’avenue pendant quelques minutes.

« Le Brésil a été bâti sous le génocide des indigènes. Maintenant, nous faisons face à un nouveau génocide, celui des pauvres, des gens vulnérables et des Noirs. Nous serons dans la rue jusqu’à ce que ce gouvernement soit dissous », dit l’un des membres du collectif qui se succèdent au micro.

Photo: Renaud Philippe Le Devoir Du personnel soignant de l’hôpital de campagne Anhembi s’apprête à brancher sur respirateur un homme dont l’état s’est aggravé.

Brasilândia. Cláudio Rodrigues pointe la maison qui fait face à la sienne. « C’est là que vivait ma mère. Elle est décédée début mai. Mon père a été hospitalisé pendant 25 jours, mais il a réussi à survivre. » Il se plaint du manque d’information disponible au début de la pandémie. « Notre président a toujours comparé la COVID-19 à une petite grippe. Plein de gens suivent son exemple et ne croient pas à la maladie, sauf que quiconque perd un être cher, quiconque la traverse, n’oubliera jamais. Enterrer ma mère, juste moi et mes deux frères, ce fut la chose la plus triste de ma vie. »

À Brasilândia, quartier défavorisé du nord de la ville, le nombre de morts de la COVID-19 est six fois supérieur à celui des quartiers riches. Selon des données compilées par Rede Nossa, un organisme de la société civile, les 38 quartiers de São Paulo les plus touchés par la maladie sont situés en périphérie. Dans ces secteurs composés à 60 % d’Afro-Brésiliens, le nombre de décès dus au nouveau coronavirus est cinq fois plus élevé qu’à Alto de Pinheiros, dans la zone ouest, où seulement 8 % des gens se déclarent noirs.

Contrairement à d’autres favelas, il y a un hôpital à Brasilândia. Récemment construit — il a été inauguré le 11 mai dernier —, il est au centre d’une lutte qui dure depuis trente ans entre le gouvernement et les habitants du quartier. En avril dernier, le gouvernement avait promis d’y ouvrir 150 nouveaux lits pour répondre à la pandémie. À ce jour, il y en a moins que 40.

Quand Rosicléia Mesquita a reçu son diagnostic positif, la maladie avait déjà progressé. Elle est directement entrée à l’hôpital de campagne bâti dans le palais des congrès Anhembi déserté. « Les gens doivent prendre cette maladie au sérieux… c’est très grave. Ce virus n’est pas une blague. J’avais nettoyé ma maison du plafond au sol, suivi toutes les mesures de précaution. J’avais même lavé les œufs que j’ai achetés. J’avais fait tout ce que je pouvais pour me protéger, protéger ma maison et ma famille contre ce virus. »

« Mais vidas, menos covas ! » (Plus de vies, moins de tombes), scande une petite foule dans les rues de la favela. Ils se sont donné rendez-vous pour réclamer du gouvernement qu’il tienne ses promesses. « On exige le respect de nos droits constitutionnels ! » s’insurge Fábio Ivo, membre de l’organisme Rede Brasilândia Solidária. « Dans la Constitution brésilienne, il est écrit que tout le monde doit avoir accès au système de santé, peu importe son origine et ses moyens. On exige aussi un plan d’urgence pour Brasilândia, pour qu’on ne soit pas laissés à nous-mêmes. »

Avec une densité de population dépassant les 12 000 habitants par kilomètre carré, les familles de l’endroit vivent en grand nombre dans de tout petits espaces. La contamination communautaire préoccupe encore, même si le nombre d’infections est à la baisse. « On n’a même pas de lieu pour que les gens infectés puissent s’isoler sans contaminer l’ensemble de la famille », se désole M. Ivo.

Pour Cláudio Rodrigues, qui se considère comme un privilégié parmi les habitants de la favela, la bataille n’est pas gagnée, loin de là. « Lorsque la pandémie a vraiment frappé le Brésil, les gens ont perdu leur emploi, leurs revenus. Ici plus qu’ailleurs, beaucoup de travailleurs sont informels. Ce sont les nouvelles victimes de cette pandémie. » Responsable de l’Association des résidents de l’Alto da Vila Brasilândia, il est venu en aide à ces personnes sans ressources qui luttent contre la faim. « J’ai enterré ma mère un lundi matin et le mardi j’aidais déjà à la distribution de boîtes à lunch. »

Jardim Angelâ, Occupation MTST Nova Palestina. Le mouvement national des travailleurs sans toits MTST affirme avoir pris les choses en main avant même que le gouvernement n’agisse. L’État de São Paulo a déclaré l’état d’urgence le 17 mars. Trois jours plus tard, le ministère de la Santé du pays reconnaissait une « transmission communautaire du virus ». Nova Palestina est un terrain au sud de la ville occupé par 8000 membres du mouvement qui profitent d’une zone encore boisée, parsemée d’abris de fortune, cernée de toute part par la favela Jardim Angelâ, la quatrième au triste palmarès des cas de contamination et de décès dans la capitale économique. Le terrain est ceinturé de clôtures, les entrées sont contrôlées et la sécurité y a été renforcée. Et ici, presque comme un miracle, il n’y a eu aucun cas, pas même suspecté.

Dona Regina y vit depuis le tout début de l’occupation, il y a sept ans. Depuis le premier jour de la crise, elle reste enfermée entre les planches de bois coquettement disposées qui lui servent de logis. « C’est mieux de rester à la maison, en santé, que de marcher librement dehors. » Même le docteur qui est venu la rencontrer n’est pas entré. « Je lui ai parlé à travers la porte. Quand on m’apporte de la nourriture, on la laisse à la porte et je stérilise tout, même les fruits. Je suis en quarantaine, personne d’autre que Dieu n’entre chez moi ! »

Tout le monde appelle Myriam par son surnom, Chocolate. La quarantaine qu’elle s’est imposée n’a en rien changé son exubérance, pleine de vie et de joie. Son travail dans une entreprise chargée de faire le ménage et de préparer le café la place parmi les privilégiés de la communauté. Son employeur lui verse 30 % de son salaire et le gouvernement, le reste.

« Nous sommes des sans-toit, mais nous sommes très heureux ici. Je peux me réveiller et dormir avec Dieu sans que rien me dérange. On a cette richesse, cette communauté, elle fait partie de notre vie. On vit pour elle et elle vit pour nous. »

Marinalva aussi s’en remet à Dieu, et à la Vierge. « Je prie beaucoup pour demander la protection contre ce virus. Marie nous protège. Avant la pandémie, j’étais déjà sans emploi, alors maintenant, je prends soin de ma petite-fille pour que ma fille puisse aller travailler. On doit toujours s’entraider, être là pour la communauté. J’espère que ça va passer vite. »

De son côté, Edvaldo est comme un lion en cage. « Cette pandémie a tout changé. Nous vivions à l’extérieur, en communauté. Aujourd’hui, nous restons enfermés. L’impact est énorme sur nos libertés, mais on n’a pas le choix : on se protège soi-même pour pouvoir protéger les autres. La peur existe, mais on doit continuer à vivre. » Comme ses voisins, Edvaldo suit les mesures et s’en remet à Dieu pour le protéger. « On devient paranoïaques avec l’isolement, sans pouvoir parler à ses proches, sans pouvoir les prendre dans ses bras. C’est surtout difficile avec la famille. »

Rapidement, le mouvement a adopté le slogan « Faire ce que le gouvernement ne fait pas » et a informé ses membres des dangers du virus. Il a installé des points de lavage des mains ici et là, implanté des mesures strictes de quarantaine, tout en s’assurant que personne ne manque de nourriture. MTST a déjà distribué, dans tout le Brésil, 144 000 repas aux personnes vivant dans la rue depuis le début de la pandémie de COVID-19. « L’ensemble du projet est rendu possible grâce aux dons et aux bénévoles qui mettent leur temps et leurs connaissances à la disposition de la périphérie en ces temps difficiles », explique Guilherme Boulos, coordinateur national de MTST. L’argent pour payer les actions provient du Fonds de solidarité, qui a recueilli 1,1 million de réaux (290 000 $CA) de dons sur Internet.

En plus de l’aide alimentaire, le mouvement a créé une coopérative informelle de fabrication de masques. Miguel, Bolivien arrivé récemment au Brésil, travaillait dans des conditions proches de l’esclavage avant qu’il ne découvre le mouvement. Dans l’espace collectif de l’association, il travaille avec sa femme depuis deux mois derrière sa machine à coudre afin de fabriquer des masques pendant que leurs enfants jouent paisiblement. « J’ai fait pour l’instant 1800 masques et maintenant je travaille à en faire 450 de plus. » À la grandeur du pays, 50 000 masques ont été distribués.

Photo: Renaud Philippe Le Devoir

De l’autre côté des murs de Nova Palestina, une autre association a fait appel au mouvement. Une vieille voiture chargée à bloc lutte pour monter les pentes abruptes du quartier où s’empilent les maisons. Des dizaines de boîtes de nourriture, de savon et de gel désinfectant sortent presque par les fenêtres de l’auto et sont distribuées à quelques résidents du quartier.

Severino, membre de l’association Ana Paula du quartier Parque Novo Santo Amaro, situé dans Jardim Angelâ, ne savait plus où se tourner pour recevoir de l’aide. « Il y avait déjà énormément de gens sans emploi et dans le plus grand besoin. Depuis la pandémie, tout s’est aggravé. » Autre favela, même situation. Les travailleurs informels qui peuplent les rues ont majoritairement perdu leur travail. Tant de gens ont besoin d’aide de base, mais très peu ont été en mesure d’obtenir l’aide d’urgence du gouvernement. « Ici, le gouvernement ne fait rien, alors on s’organise soi-même en partenariat avec le MTST pour venir en aide à la population. Cette partie de la ville a été oubliée. Les politiciens n’existent que lors des élections, après ils disparaissent. »

« J’ai arrêté de regarder la télé pour éviter de devenir fou, mais je suis toutes les mesures de protection. On doit faire attention à soi et aux autres. C’est malheureux, mais c’est la nouvelle réalité », déclare Benedito.L’aide d’urgence reçue du gouvernement lui a donné un bon coup de main, mais « sans le mouvement, je n’aurais ni lieu où habiter et manger tous les jours ni accès à des produits d’hygiène. 600 réaux [150 $CA], ça passe très vite, alors on doit se débrouiller ».

Paraisópolis. Au sud de São Paulo, près de 100 000 habitants s’entassent dans un des quartiers les plus pauvres de la mégapole, à l’ombre des appartements climatisés, des courts de tennis et des somptueux jardins du chic quartier Morumbi. À Paraisópolis, ce sont les habitants qui ont pris en main la situation. C’était la seule option. Dans ces dédales sans fin de ruelles où les cas de violence policière sont légion — la vague d’indignation et le mouvement de dénonciation des violences policières à l’égard des Noirs des périphéries ont fait grand bruit jusqu’ici —, même les ambulanciers ne s’aventurent pas.

Gilson Rodrigues est le président de l’Union des résidents et du commerce de Paraisópolis et le coordinateur national du G10 des favelas. « Nous avons vu comment la COVID a affecté Guayaquil, en Équateur, où beaucoup de quartiers sont similaires à Paraisópolis, et nous avons pensé : comment allons-nous sortir les corps des rues étroites au sommet des collines ? Nous pensions que beaucoup de gens allaient mourir. Heureusement, cela n’a pas été le cas. »

« Nous avons rapidement compris que l’État ne ferait rien. C’est comme si les 14 millions de Brésiliens vivant dans les favelas n’existaient pas, même le mot “favela” n’a pas été mentionné dans les discours des gouverneurs ou du président. Nous sommes invisibles à leurs yeux. » Aux yeux de Gilson, il existe deux Brésil : celui qui peut vivre en arrêtant de travailler, qui a accès à l’eau et à des bouteilles de désinfectant pour les mains à tout moment, et celui qui connaît la faim.

Photo: Renaud Philippe Le Devoir

Une petite équipe s’est alors mise en branle, une cartographie du territoire a été faite et un ou une « président ou présidente de rue » a été nommé responsable pour chaque lot de 50 maisons. Le terme « président » n’a pas été choisi au hasard, mais « précisément pour indiquer ce qui nous manque : un président qui pourrait nous aider à diriger la communauté et le Brésil en ce temps de pandémie ».

Une armée de substituts du « président » s’est mise à patrouiller dans les rues et l’état-major a déclaré la guerre au virus sur plusieurs fronts. Pas moins de 656 présidents bénévoles ont veillé sur 32 600 familles avec trois mandats : sensibiliser la population à l’auto-isolement, s’assurer que personne ne manque de nourriture et appeler à l’aide au besoin.

Des campagnes de sociofinancement ont été lancées, des couturières ont été appelées en renfort pour produire, jusqu’à aujourd’hui, 170 000 masques en tissu et un réseau de structures d’urgence a été implanté dans le quartier, avec 60 points relais comprenant du matériel médical. On a lancé des programmes pour les travailleurs journaliers et informels, des programmes d’aide juridique pour la défense des droits des habitants, comme l’accès à l’eau, qui est souvent coupée. Mais surtout, grâce aux dons récoltés, l’Union des résidents et du commerce de Paraisópolis a embauché des équipes de santé et loué trois ambulances tout en formant des premiers intervenants au pire de la crise.

« En fait, je ne sais même pas comment j’ai contracté la COVID-19, j’ai juste commencé à ressentir les symptômes. » Brenda da Silva Gomes, 22 ans, a profité de l’espace créé par l’Union pour s’isoler après avoir reçu son diagnostic positif. « C’est tellement mieux que de rester à domicile : il y a des médicaments, des professionnels qui prennent soin de nous et qui contrôlent nos signes vitaux, trois repas par jour. Il y a même un psychologue. Ici, je suis avec mes enfants, et grâce à ça, mon mari et mon fils n’ont pas contracté la maladie. »

La pandémie a fait doubler le nombre de chômeurs et fait reculer de trente ans les conditions sociales, la faim redevenant un enjeu majeur. « Le problème de la faim existait déjà ici, mais il s’est aggravé avec la pandémie », explique Elisandra Cerqueira, présidente de l’association des femmes de Paraisópolis. La population d’ici est surtout composée de mères célibataires, dont beaucoup travaillaient avant comme domestiques ou employées de maison et ont perdu leur emploi, ce qui a aggravé l’accès à la nourriture pour de nombreuses familles. « Pour ne pas les laisser sans défense, nous avons commencé à produire et à distribuer 10 000 boîtes à lunch par jour. On avait prévu d’en faire 2000 par jour pendant deux mois. Nous avons commencé en mars, nous en livrons 10 000 par jour depuis quatre mois ! »

Photo: Renaud Philippe Le Devoir Brenda da Silva Gomes, 22 ans, a profité de l’espace créé par l’Union des résidents et du commerce de Paraisópolis pour s’isoler après avoir reçu son diagnostic positif.

« C’est un travail difficile, mais nous ne doutons pas qu’il est important. Si nous n’avions pas fait cela, les gens auraient été beaucoup plus malades, avec une faible immunité. La nourriture est une chose fondamentale, mais malheureusement, il y a des gens dans notre pays qui ont faim, c’est une réalité. »

Tous ces efforts ont galvanisé les luttes du quartier, remarque Gilson Rodrigues. Et maintenant que la société revient à sa « nouvelle normalité », à Paraisópolis, on cherche encore à définir cette norme. « Car avant la pandémie, c’était déjà anormal qu’il n’y ait pas d’eau courante, que beaucoup de gens souffrent de la faim… Nous sommes déjà engagés dans la post-pandémie. Un meilleur Brésil n’est possible que pour ceux et celles qui font quelque chose maintenant. »

 

Avec Carol Mira

 

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.

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