Brésil: l’état de santé de Raoni s’améliore

Le chef indigène Raoni Metuktire avait initialement été admis, jeudi, dans un petit hôpital de la ville de Colider parce qu’il se trouvait dans un état de faiblesse général.
Photo: Nicolas Tucat Agence France-Presse Le chef indigène Raoni Metuktire avait initialement été admis, jeudi, dans un petit hôpital de la ville de Colider parce qu’il se trouvait dans un état de faiblesse général.

Le cacique Raoni, emblématique défenseur brésilien de l’environnement, se trouve dans un état « stable » après avoir reçu une transfusion sanguine, a indiqué dimanche l’Hôpital de Sinop, où il est hospitalisé depuis samedi pour un état de grande faiblesse.

Âgé de 90 ans, le porte-parole des indigènes du Brésil « présente un état stable après avoir reçu une transfusion sanguine », et des examens sont menés pour déterminer la nature de l' « hémorragie gastro-intestinale » qui pourrait être à l’origine des problèmes de santé du cacique, a précisé l’établissement médical, situé dans le centre-ouest du Brésil.

Leader du peuple Kayapo, Raoni Metuktire a été admis jeudi à l’Hôpital Santa Inês, à Colider, également situé dans l’État du Mato Grosso, pour un état de faiblesse générale.

Connu dans le monde entier pour sa lutte infatigable pour la défense des droits et des terres indigènes, Raoni avait été transporté par avion de son village vers Colider, souffrant de « faiblesse, difficultés respiratoires, perte d’appétit et de diarrhées », a précisé l’Hôpital Santa Inês.

L’établissement a ajouté que le cacique se trouvait dans un état dépressif depuis le décès de son épouse, Bekwyjka, le 23 juin, d’un accident vasculaire cérébral. Bekwyjka était sa compagne et conseillère depuis plus de 60 ans. D’autres sources, tels la Fondation Raoni ou Gert-Peter Bruch, président de l’ONG française Planète Amazone, ont confirmé que le cacique avait été extrêmement affecté par la disparition de son épouse. Le cacique « a commencé à être malade il y a 15 jours, avec de la fièvre, des diarrhées et des vomissements » et il était déshydraté, a précisé M. Bruch.

Test négatif

Alors que beaucoup d’indigènes ont été contaminés par la COVID-19 qui balaie le Brésil, « on a pensé au coronavirus », a ajouté le président de l’ONG qui a organisé des collectes de fonds pour le peuple Kayapo, mais « il a fait un test COVID négatif ». Un petit-fils du cacique, Takakdjo Metuktire, a indiqué à l’AFP : « Il ne faut pas trop s’inquiéter, il va bien », alors que les messages affluaient sur les sites défendant la cause indigène pour des prières pour le vieux chef.

Alors que le Brésil se rapproche du cap des 80 000 morts du coronavirus, les populations indigènes ont été durement frappées en raison entre autres d’une immunité faible : plus de 16 000 autochtones ont été contaminés et 535 en sont morts, selon les données de l’APIB, l’Association des peuples indigènes du Brésil. Le coronavirus a notamment emporté en juin un cacique et défenseur de la forêt amazonienne très connu, Paulinho Paiakan, âgé d’environ 65 ans.

Dans une récente entrevue à l’AFP, Raoni avait accusé le président brésilien, Jair Bolsonaro, de vouloir « profiter de cette maladie » pour éliminer son peuple. Depuis l’arrivée au pouvoir en janvier 2019 du dirigeant d’extrême droite, le vieux chef des Kayapo ne mâche pas ses mots contre le président, dont il a réclamé le départ et qui a tenu des propos méprisants envers les autochtones.

Gardien de la tradition des Kayapos, des nomades vivant dans une réserve située dans la partie brésilienne de la forêt amazonienne, Raoni Metuktire a fait près d’une vingtaine de tournées hyper-médiatisées autour du monde où il a croisé deux papes, l’empereur du Japon, le prince Charles ou encore les quatre derniers présidents français.

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