Le Mexique élève son niveau d’alerte face à la hausse des cas

Le gouvernement a suspendu toutes les activités non essentielles jusqu’au 30 mai et certains commerces encore ouverts ne proposent que la vente à emporter.
Photo: Rodrigo Arangua Agence France-Presse Le gouvernement a suspendu toutes les activités non essentielles jusqu’au 30 mai et certains commerces encore ouverts ne proposent que la vente à emporter.

Le Mexique a élevé mardi son niveau d’alerte sanitaire étant donné la forte hausse du nombre de cas de COVID-19, a annoncé le gouvernement, pour éviter un risque de saturation des hôpitaux. « Aujourd’hui, nous voulons lancer la phase trois de l’épidémie de COVID-19, en rappelant que nous nous trouvons dans l’étape de forte hausse, avec un grand nombre de contaminations et d’hospitalisations », a déclaré le sous-secrétaire à la Santé, Hugo Lopez-Gatell, lors d’une conférence de presse aux côtés du président Andrés Manuel Lopez Obrador.

Jusqu’à présent, les autorités mexicaines ont fait état de 8772 cas positifs, dont 712 mortels, et le pic est attendu autour du 8 ou du 10 mai. « Cette épidémie continue de façon toujours plus accélérée, cela veut dire qu’il y a toujours plus de cas par jour et cela se traduit aussi par une dispersion géographique » de la contamination, a-t-il ajouté.

Le gouvernement a suspendu toutes les activités non essentielles jusqu’au 30 mai et appelé les Mexicains à rester confinés, bien que la quarantaine ne soit pas encore obligatoire. Hugo Lopez-Gatell a indiqué que la pandémie était désormais présente dans tout le pays, principalement dans les zones urbaines.

Les autorités sanitaires ont fait savoir que les localités qui maintiendront un taux peu élevé de transmission de la COVID-19 pourront commencer à sortir du confinement à partir du 17 mai. La scolarité devrait, elle, reprendre le 1er juin, a annoncé le ministre de l’Éducation, Esteban Moctezuma.

Pas de répit pour la violence

Par ailleurs, en dépit du confinement de la population décrétée pour lutter contre le coronavirus, le Mexique a connu dimanche sa journée la plus violente depuis le début de l’année avec 105 assassinats. Le précédent « record » de violence datait du 4 avril avec 104 meurtres en 24 heures.

« Nous nous occupons du coronavirus, mais malheureusement nous sommes confrontés au problème des homicides », a regretté lundi le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador.

Depuis les mesures de confinement de la population prises au Mexique à la mi-mars, la violence n’a pas cessé dans ce pays qui a enregistré quelque 34 608 assassinats l’an dernier, un chiffre record depuis 1997. La violence n’a cessé de croître au Mexique depuis fin 2006, date à laquelle la lutte contre trafic de drogue est devenue l’affaire de l’armée.

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