Début de la campagne pour le référendum constitutionnel au Chili

De nouveaux affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre ont eu lieu durant la fin de semaine dans la station balnéaire de Viña del Mar.
Photo: Martin Bernetti Agence France-Presse De nouveaux affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre ont eu lieu durant la fin de semaine dans la station balnéaire de Viña del Mar.

La campagne électorale pour le référendum du 26 avril au Chili sur un changement de constitution, une revendication forte des manifestants depuis le début de la crise sociale, a débuté mercredi dans le pays sud-américain.

Plus de 14 millions de Chiliens seront appelés à se prononcer pour ou contre la rédaction d’une nouvelle constitution en remplacement de l’actuelle, votée en 1980, en pleine dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).

Le dernier référendum dans le pays remonte à 1989 et portait sur des changements constitutionnels. Un an auparavant, le référendum historique de 1988 avait ouvert la voie à une transition démocratique et entériné la fin du régime militaire.

Outre les demandes pour plus de justice sociale, un changement de constitution figure en bonne place dans les revendications des manifestants depuis le début de la contestation sociale le 18 octobre.

Les partis de gauche défendent le vote en faveur du « Apruebo » (je suis d’accord), tandis que la majorité des partis de la coalition de droite au pouvoir et ceux de l’extrême droite militent pour le « Rechazo » (je rejette), selon le choix qui sera proposé aux électeurs lors de la consultation.

« Tant de larmes et tant de sang ont été versés pour que nous puissions avoir une nouvelle constitution », a déclaré à l’AFP Camilo Sánchez, président des Jeunesses communistes, lors d’un premier rassemblement de campagne à Santiago.

De l’autre côté du spectre politique, le Parti républicain (extrême droite) a également lancé sa campagne. « La seule façon de gagner en avril est que nous nous mobilisions une fois de plus », affirme le parti dans un encart publié dans plusieurs médias locaux.

Au sein de la coalition gouvernementale de droite du président Sebastián Piñera, les avis sont partagés, notamment au sein de Rénovation nationale, l’ancien parti du président. Le chef de l’État, pour l’heure, ne s’est pas prononcé.

Le 15 novembre, près d’un mois après le déclenchement de la crise, la coalition gouvernementale de droite du président Sebastián Piñera et les principaux partis d’opposition étaient parvenus à un accord historique sur l’organisation d’une consultation par référendum.

« Le gouvernement s’engage à favoriser une forte participation des Chiliens et à garantir un référendum juste, démocratique et transparent », a déclaré lundi le chef de l’État, alors que de nouveaux affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre ont eu lieu durant la fin de semaine dans la station balnéaire de Viña del Mar.

Mécanique à paliers

La campagne électorale prendra fin le 23 avril. Le jour du vote, les Chiliens devront répondre à deux questions : l’une sur le remplacement ou non de la Constitution et l’autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger.

Cette seconde question devra déterminer quel organe rédigera la future constitution : une « convention mixte » composée à parts égales de citoyens élus à cette fin et de parlementaires en exercice, ou une « convention constituante » intégralement composée de citoyens spécifiquement élus à cette fin.

Si le principe d’une nouvelle constitution est approuvé le 26 avril, l’élection de la « convention mixte » ou de la « convention constituante » aura lieu en octobre 2020. L’organe chargé de la rédaction aura neuf mois pour élaborer un nouveau texte, une période qui pourra être prolongée de trois mois.

Selon un dernier sondage de l’institut Activa Research, 69 % des Chiliens sont favorables à un changement de constitution, contre 14,5 % qui s’y opposent.