État d’urgence à Porto Rico après deux séismes en deux jours

Un tremblement de terre de magnitude 5,8 avait déjà secoué l’île la veille, causant d’importants dégâts matériels.
Photo: Ricardo Arduengo Agence France-Presse Un tremblement de terre de magnitude 5,8 avait déjà secoué l’île la veille, causant d’importants dégâts matériels.

Les autorités de Port Rico ont décrété mardi l’état d’urgence après un tremblement de terre de magnitude 6,4 ayant fait au moins un mort et plusieurs blessés dans le sud de l’île caribéenne, qui peine encore à se relever des dévastations subies en 2017 par les ouragans Irma et Maria.

Le séisme a frappé à 4 h 24 du matin (3 h 24 à Montréal) au large de la côte sud de l’île, selon l’Institut de géophysique américain (USGS), qui a revu légèrement à la baisse sa mesure initiale de 6,6.

Le centre d’alerte au tsunami a rapidement levé sa mise en garde initiale.

Selon les médias locaux, les villes de Guayanilla, Yauco, Guanica et Ponce, dans le Sud, sont celles ayant subi le plus de dommages. Plusieurs voitures ont été détruites, écrasées sous les habitations bâties sur des pilotis en béton.

La secousse, qui a pris les habitants en plein sommeil, a fait au moins un mort. Un homme de 73 ans est en effet décédé dans la ville de Ponce lorsqu’un mur s’est effondré sur lui, rapporte El Nuevo Dia, le plus grand quotidien portoricain.

Huit personnes ont également été blessées à Ponce, a dit la maire de la ville, Mayita Meléndez, à la télévision locale WAPA.

À Guayanilla, la population a été prise de « panique », selon le maire de la ville, Nelson Torres Yordán. L’église de l’Immaculée-Conception, bâtie en 1841, s’est partiellement écroulée sous la puissance du séisme.

Mardi matin, les habitants s’attelaient à sauver des ruines les statues et autres reliques restées intactes.

D’importants dégâts matériels

Les infrastructures locales ont également subi des dégâts. Des éboulements ont bloqué une partie du réseau routier dans le sud de l’île et l’Agence nationale de l’électricité a confirmé que les lignes électriques avaient été endommagées.

Mais le courant devait être rétabli dans la journée « si aucun autre problème majeur n’intervenait », a-t-elle ajouté.

Le séisme a aussi détruit l’une des attractions touristiques majeures de la région, la formation rocheuse de Punta Ventana, dont la partie supérieure s’est effondrée.

Plusieurs répliques, de magnitude moindre, ont été ressenties dans la matinée.

La déclaration d’état d’urgence, ainsi que la mobilisation de la garde nationale, va « permettre une action rapide du processus gouvernemental pour garantir une exécution efficace » des secours, a affirmé la gouverneure de ce territoire américain, Wanda Vazquez Garced.

Cette mesure exceptionnelle permet de mieux mobiliser les services publics de l’État et à recourir plus facilement à l’aide fédérale si nécessaire.

Mme Garced a également annoncé le déblocage de 130 millions de dollars d’aide d’urgence pour l’île, qui a subi depuis décembre des séismes d’ampleur inférieure jusqu’ici.

Par mesure de sécurité, le personnel gouvernemental non essentiel a été dispensé de travail.

Le président américain Donald Trump a été informé de la situation sur le territoire et le dirigeant de l’Agence des situations d’urgence (FEMA), Pete Gaynor, est en contact avec les autorités de l’île, a indiqué la Maison-Blanche.

Un séisme de magnitude 5,8 avait déjà secoué l’île lundi, provoquant d’importantes coupures de courant et de gros dégâts matériels, sans faire de victime.

Deux ans après le passage d’ouragans destructeurs, environ 30 000 maisons sont encore recouvertes de bâches d’urgence, selon les autorités locales qui ont été sévèrement critiquées pour leur mauvaise gestion des fonds alloués à la reconstruction.

Une étude, validée par les autorités portoricaines, estime à 3000 le nombre de personnes tuées directement ou indirectement, les infrastructures de santé ayant été durablement mises hors service.