Bolivie: le ministre de l’Intérieur accuse Evo Morales de «terrorisme»

L'ex-président bolivien Evo Morales
Photo: Pedro Pardo Archives Agence France-Presse L'ex-président bolivien Evo Morales

Le gouvernement par intérim de Bolivie a accusé vendredi l’ex-président Evo Morales, en exil au Mexique, de « sédition et de terrorisme », pour avoir incité ses partisans à mettre en place des blocages autour de La Paz dans un enregistrement diffusé par les autorités.
 

« Nous demandons la peine maximale pour sédition et terrorisme », a déclaré le ministre de l’Intérieur Arturo Murillo à des médias à la sortie du parquet, où il venait de déposer plainte.
 

Dans la matinée de mercredi, le ministre de l’Intérieur avait diffusé devant la presse l’enregistrement d’une conversation téléphonique qu’il a présentée comme étant celle d’Evo Morales s’adressant à un leader du mouvement de protestation. 
 

« Ne laissez aucune denrée alimentaire dans les villes, nous allons tout bloquer et encercler » les villes, dit la voix que M. Murillo attribue à l’ancien président.
 

Cet ordre, a poursuivi le ministre, « est un crime contre l’humanité ». « Dans les prochaines heures, nous allons porter plainte devant les instances internationales », a-t-il averti.


Une pénurie d’aliments se fait sentir dans les magasins et les restaurants de La Paz en raison des blocages de routes qui mènent aux régions agricoles de la Bolivie, dans le centre et l’est du pays.
 

Evo Morales, premier président indigène de Bolivie, a démissionné le 10 novembre sous la pression de manifestations de l’opposition et après avoir été lâché par l’armée. Il est ensuite parti en exil au Mexique.
 

Depuis la démission d’Evo Morales, ses partisans manifestent quotidiennement dans les rues de La Paz et dans certaines villes de province.