En Bolivie, la police disperse un cortège funéraire qui vire à la manifestation

Des milliers de personnes portant les cercueils de victimes des violences ont fait entendre leur colère.
Photo: Aizar Raldes Agence France-Presse Des milliers de personnes portant les cercueils de victimes des violences ont fait entendre leur colère.

La police bolivienne a dispersé jeudi un imposant cortège funéraire qui a tourné à la manifestation antigouvernementale dans le centre de La Paz, en faisant usage de gaz lacrymogène, a constaté l’AFP.

Des milliers de personnes, qui portaient les cercueils de cinq personnes tuées mardi dans des heurts, étaient descendus d’El Alto, ville jumelle de la capitale administrative et considérée comme acquise à l’ex-président Evo Morales, parti en exil au Mexique.

« Justice ! Justice ! », clamaient les manifestants qui accusent les autorités d’avoir tiré, deux jours auparavant, sur les protestataires qui entouraient la raffinerie de Senkata, à quelques kilomètres de La Paz. Le gouvernement décline toute responsabilité dans ces décès pour le moment.

« On nous a criblés de balles. C’était sanguinaire », a déclaré à l’AFP Rufino Copa, un agriculteur de 42 ans qui participait à ce défilé contre la présidente par intérim Jeanine Añez.

« Nous demandons justice, nous ne voulons pas que cette dame soit présidente », a ajouté une femme indigène portant son bébé de huit mois sur le dos et demandant à rester anonyme par peur de représailles.

Les échauffourées ont éclaté alors que l’armée et la police dégageaient l’usine de combustible située à El Alto, que des manifestants occupaient depuis la semaine dernière pour réclamer la démission de Mme Añez.

En tout, huit personnes sont décédées dans ces affrontements, portant le bilan global de la crise postélectorale qui secoue le pays depuis un mois à 32 morts.

Evo Morales, président indigène de Bolivie, a démissionné le 10 novembre sous la pression de la rue et après avoir été lâché par l’armée. Il est ensuite parti en exil au Mexique.

Depuis sa démission, ses partisans manifestent quotidiennement dans les rues de La Paz et dans certaines villes de province.