La ville de Mexico décrète l’alerte aux violences contre les femmes

Le Mexique est considéré comme l’un des pays les plus violents au monde, notamment pour les femmes, avec le chiffre le plus élevé de féminicides en Amérique latine.
Photo: Pedro Pardo Agence France-Presse Le Mexique est considéré comme l’un des pays les plus violents au monde, notamment pour les femmes, avec le chiffre le plus élevé de féminicides en Amérique latine.

La mairesse de Mexico, Claudia Sheinbaum, a décrété jeudi l’alerte aux violences commises contre les femmes, soulignant la nécessité de lutter contre les agressions, notamment sexuelles, en augmentation dans la capitale.

« Toutes et tous, dans cette ville, nous devons dire ÇA SUFFIT, ASSEZ », a déclaré la mairesse Sheinbaum dans un communiqué.

« En ce qui me concerne, je me confronte à la réalité et mon administration va défendre avec force les femmes, les filles et les garçons victimes d’agressions sexuelles », a-t-elle ajouté.

Selon la mairesse, il s’agit aussi de soutenir les femmes tout au long du processus de dépôt de plainte contre les violences sexistes. Elle a souligné que le nombre de dossiers d’enquête avait augmenté de 10 % depuis octobre 2018 à octobre 2019.

L’alerte aux violences contre les femmes est décrétée lorsque les indicateurs passent au rouge et nécessitent une réponse coordonnée des autorités contre ce fléau. Elle est aujourd’hui en vigueur dans 18 des 32 États mexicains.

Le Mexique est considéré comme l’un des pays les plus violents au monde, notamment pour les femmes, avec le chiffre le plus élevé de féminicides en Amérique latine, selon Amnesty International.

Neuf femmes sont assassinées chaque jour au Mexique, selon ONU-Femmes.


Les féminicides, un fléau mondial et persistant

Au moins 87 000 femmes ont été tuées de manière intentionnelle en 2017, dans les pays pauvres comme dans les riches, selon des chiffres de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Les agresseurs en majorité des proches
Parmi elles, 57 % (50 000) ont perdu la vie aux mains de leurs conjoints ou de membres de leurs familles, selon l’ONUDC, soit une « légère augmentation » par rapport à 2012.

L’Asie détient le triste record du plus grand nombre de femmes tuées (20 000) par leurs conjoints ou des membres de leurs familles en 2017, suivie de près par le continent africain (19 000), les Amériques (8000), l’Europe (3000) et l’Océanie (300), selon l’ONUDC.

Mais c’est en Afrique (Afrique du Sud, Sénégal, RDC, etc.) que les femmes et les jeunes filles « risquent le plus d’être tuées par leur compagnon ou un membre de leur famille » (69 %), selon l’ONU.

Viol et meurtre, « armes de guerre »
Dans les conflits, l’usage du viol des femmes comme « arme de guerre » pour terroriser les populations civiles et détruire le tissu sociétal reste persistant.

En 2014, le groupe djihadiste État islamique s’est livré, selon l’ONU, à un potentiel génocide dans le nord-ouest de l’Irak contre les Yazidis et a réduit des milliers de femmes de cette minorité à l’esclavage sexuel.

Dans les Kivu (dans l’est de la République démocratique du Congo), les femmes — et même des fillettes — sont martyrisées par les violences sexuelles perpétrées lors et en marge des conflits armés qui déstabilisent cette région depuis 25 ans.