Un synode qui s’annonce houleux

Le pape François lors d'une visite au Pérou en 2018
Photo: Cris Bouroncle Agence France-Presse Le pape François lors d'une visite au Pérou en 2018

Les gardiens de la tradition catholique voient rouge, jusqu’à parler d’« hérésie », en décortiquant l’ordre du jour d’un synode d’évêques d’Amazonie qui parleront beaucoup de désastre écologique et des maux sociaux économiques des indigènes, mais aussi de la possibilité d’ordonner prêtres des hommes mariés.

Des prêtres mariés

Devant le manque local de prêtres pouvant donner des sacrements, une suggestion portée par beaucoup d’épiscopats locaux consisterait à ordonner prêtres des hommes mariés d’âge mur (appelés « viri probati »), préférablement autochtones.

Le synode propose de déterminer le type de « ministère officiel » pouvant être conféré aux femmes, qui jouent déjà un rôle central dans l’Église amazonienne.

Le conservateur cardinal guinéen Robert Sarah se déclare « choqué et scandalisé que l’on prenne prétexte de la détresse spirituelle des pauvres en Amazonie pour soutenir des projets typiques du christianisme bourgeois et mondain », comme l’ordination d’hommes mariés et des ministères pour les femmes qui sont « une destruction du sacerdoce ».

Le cardinal américain Raymond Burke a annoncé à la mi-septembre « une croisade de quarante jours de prière et de jeûne » contre le document du synode truffé « d’erreurs théologiques et d’hérésies ». Il demande au pape François de ne pas abolir le célibat des prêtres, même si cela n’est pas à l’ordre du jour.

Croyances autochtones

Pour mieux dialoguer avec les autochtones, l’Église catholique doit mieux « intégrer leur spiritualité » et symboles, en dépassant « des positions rigides ».

Le cardinal allemand Walter Brandmüller, qui juge globalement le texte « hérétique », critique un courant de pensée magnifiant « des pratiques de guérison indigènes ». Le cardinal Burke fustige lui aussi « la reconnaissance de diverses formes de paganisme et de rites ».

Le texte de travail du synode cite directement les communautés indigènes qui fustigent « les grands projets », lesquels « détruisent les territoires et les populations » sous prétexte de développement. Cela parfois « de connivence » avec des gouvernements locaux, nationaux, voire avec des autorités des autochtones.

Le cardinal allemand Gerhard Müller juge que le texte du synode ne se base pas sur « les fondements bibliques », mais sur des « nécessités sociologiques putatives du monde globalisé ».

Son compatriote le cardinal Brandmüller demande ce que « l’écologie, l’économie et la politique » ont à voir avec la mission de l’Église, avec un risque d’ingérence dans les affaires de l’État brésilien.

Le président brésilien d’extrême droite, Jair Bolsonaro, climatosceptique notoire, rejette avec fracas toute idée d’intervention internationale en Amazonie et a prévenu qu’il surveillerait de près le synode.

2 commentaires
  • Christian Dion - Abonné 7 octobre 2019 08 h 27

    J'encourage tous ces prêtes rigoristes et traditionalistes à demeuer sur leurs positions et de cette manière l'Église Catholique et les discours de tous ces prétencieux vont disparaitre pour le bien de tout le monde.
    Christian Dion.

  • Yvon Bureau - Abonné 7 octobre 2019 09 h 32

    Pape François en danger

    Le plus grand des dangers est à l'intérieur de son Église.