Des dissidents FARC créent un mouvement politique clandestin en Colombie

La dissidence des FARC a annoncé, dans une vidéo diffusée mercredi, la création d’un mouvement politique clandestin, suite à son soulèvement armé la semaine dernière.
Photo: Agence France-Presse La dissidence des FARC a annoncé, dans une vidéo diffusée mercredi, la création d’un mouvement politique clandestin, suite à son soulèvement armé la semaine dernière.

La dissidence des FARC, dirigée par l’ex-numéro deux de l’ancienne rébellion, Ivan Marquez, a annoncé, dans une vidéo diffusée mercredi, la création d’un mouvement politique clandestin, suite à son soulèvement armé la semaine dernière.

« Les membres du nouveau mouvement auront une activité au sein du secteur social où ils vivent, travaillent ou étudient, sans que leur appartenance politique soit publique », a déclaré Ivan Marquez, ex-chef négociateur de l’accord de paix en 2016, retourné à la clandestinité depuis plus d’un an et qui, selon les autorités, aurait trouvé refuge au Venezuela voisin.

Dans cette vidéo publiée sur YouTube, il a proclamé la création du Mouvement bolivarien pour la nouvelle Colombie, qui aura un « fonctionnement clandestin ».

Ivan Marquez apparaît sur les images en treillis militaire, devant des drapeaux de l’ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), au côté de 15 hommes armés, dont les ex-commandants guérilleros Jesus Santrich et Hernan Dario Velasquez alias « El Paisa ».

Recherchés par la justice colombienne, ces trois hommes ont annoncé le 29 août leur retour aux armes, arguant de la « trahison » par l’État de l’accord de paix signé par l’ex-guérilla et l’ex-président Juan Manuel Santos (2010-2018).

Avec Ivan Marquez à leur tête, les rebelles ont annoncé la création d’une nouvelle guérilla, qui reprend l’ancien nom des FARC, aujourd’hui désarmée et transformée en parti politique sous le nom de Force alternative révolutionnaire commune (FARC).

Durant sa lutte armée de plus de 52 ans, l’ex-guérilla s’était unie à deux mouvements politiques irréguliers : le Parti communiste clandestin et le Mouvement bolivarien pour la nouvelle Colombie, qui comptaient des centaines de partisans.

Le parti FARC a rejeté le retour aux armes de ce groupe de dissidents et son appel aux ex-guérilleros à le rejoindre.

Au moins 90 % des anciens combattants et collaborateurs de l’ex-guérilla, qui ont accepté l’accord de 2016 et déposé les armes, maintiennent leur engagement envers la paix, selon le gouvernement.

Mais certains se sont mis en marge du processus et ces groupes dissidents comptent à présent quelques 2.300 membres armés entre ex-FARC et nouvelles recrues, qui se dédient essentiellement au trafic de drogue et à l’exploitation minière clandestine, selon les services de renseignement militaires.

Ivan Marquez a annoncé qu’il cherchait à « coordonner les efforts » avec la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN), qui compte aussi environ 2300 combattants, et avec d’autres groupes dissidents.

Le président Ivan Duque a lancé une offensive militaire contre ceux qu’il a qualifié de « bande de narco-terroristes qui compte sur l’hébergement et le soutien de la dictature de Nicolas Maduro » au Venezuela.

Caracas a rejeté cette accusation.