Brasília dénonce des chiffres «sensationnalistes» sur la déforestation

L’arrivée au pouvoir en janvier du président Bolsonaro, climatosceptique notoire, a suscité de nombreuses craintes au sujet de l’avenir de la forêt amazonienne, considérée comme le «poumon de la planète».
Photo: Raphael Alves Agence France-Presse L’arrivée au pouvoir en janvier du président Bolsonaro, climatosceptique notoire, a suscité de nombreuses craintes au sujet de l’avenir de la forêt amazonienne, considérée comme le «poumon de la planète».

Le gouvernement du président brésilien Jair Bolsonaro a attribué mercredi à des « interprétations sensationnalistes » la répercussion de la publication de données confirmant une forte augmentation de la déforestation en Amazonie.

Mardi soir, l’Institut national de recherche spatiale (INPE) a indiqué que la déforestation en juillet avait été quasiment quatre fois supérieure au même mois de 2018.

L’arrivée au pouvoir en janvier du président Bolsonaro, climatosceptique notoire, a suscité de nombreuses craintes au sujet de l’avenir de la forêt amazonienne, considérée comme le « poumon de la planète ».

Jusqu’au mois d’avril, la déforestation se maintenait à un niveau similaire à celui des dernières années. Mais elle a augmenté de façon exponentielle ces derniers mois : 738,4 km2 en mai (+34 % par rapport au même moi en 2018), 931,7 km2 en juin (+90,7 %) et 2254,8 km2 en juillet (+277,9 %).

Le ministre de l’Environnement, Ricardo Salles, a cependant affirmé mercredi devant une commission parlementaire que ces données étaient le fruit « d’interprétations sensationnalistes de médias ».

« La rapidité à laquelle ces zones sont déforestées est choquante, mais malheureusement prévisible, en raison de la politique antienvironnementale » menée par Bolsonaro, rétorque Carlos Rittl, directeur du réseau d’ONG Observatoire du Climat

Vendredi dernier, le directeur de l’INPE a été limogé. Le président avait accusé cet organisme public de diffuser des données « mensongères et au service des ONG ». Le gouvernement a nommé par intérim un militaire sommé désormais de présenter à Jair Bolsonaro toute nouvelle donnée avant de la rendre publique.

Le président a qualifié lundi de « mauvais Brésiliens » ceux qui « osent faire campagne avec des données mensongères sur notre Amazonie ».

« Il faut montrer au monde que le gouvernement a changé. Nous avons la responsabilité de faire en sorte que l’Amazonie continue à nous appartenir, sans renoncer à l’exploiter en respectant les préceptes du développement durable », a-t-il ajouté.

L’ex-capitaine de l’armée envisage notamment d’ouvrir les territoires réservés aux populations autochtones à l’exploration minière, sous prétexte « d’intégrer les indigènes à la société », sans les laisser « confinés comme dans un zoo ».

Pour l’ONG Survival International, ce genre de propos a stimulé « l’invasion » du territoire de la tribu Yanomani, au nord du Brésil, par des orpailleurs illégaux « qui propagent la malaria et contaminent des rivières avec du mercure ».