Un nouveau bain de sang dans une prison au Brésil fait 52 morts

Fin mai, 55 détenus avaient été tués en deux jours lors d’affrontements dans plusieurs prisons de l’État d’Amazonie, également dans le nord du Brésil.
Photo: Sandro Pereira Agence France-Presse Fin mai, 55 détenus avaient été tués en deux jours lors d’affrontements dans plusieurs prisons de l’État d’Amazonie, également dans le nord du Brésil.

Au moins 52 détenus ont été tués lundi lors d’un affrontement dans une prison du nord du Brésil, un nouveau massacre qui endeuille le système pénitentiaire de cette région stratégique où des factions criminelles rivales se disputent le trafic de cocaïne. Les autorités pénitentiaires locales ont précisé que 16 prisonniers avaient été retrouvés décapités.

La mutinerie, qui a débuté vers 7 h au Centre de redressement régional d’Altamira, dans l’État du Para, au coeur de la forêt amazonienne, s’est terminée en fin de matinée. « C’est un affrontement entre membres de factions rivales », a expliqué à l’AFP une porte-parole du Système pénitentiaire du Para (Susipe), sans préciser quelles factions étaient concernées. « Deux gardiens avaient été pris en otages, mais ils ont déjà été libérés ».

Des détenus issus d’une section de la prison réservée aux membres d’une faction criminelle ont fait irruption dans une autre zone où se trouvaient des prisonniers appartenant à un gang rival, avant d’y mettre le feu. « Il est probable que de nombreux détenus soient morts asphyxiés », a souligné la porte-parole du Susipe, précisant que des experts étaient sur place et que le bilan pourrait encore s’alourdir.

D’après les autorités pénitentiaires, la prison d’Altamira, d’une capacité d’environ 200 détenus, en comptait plus de 300, un exemple classique de surpopulation des prisons brésiliennes. Le ministère de la Justice a indiqué dans un communiqué que des places avaient été rendues disponibles dans des prisons fédérales de haute sécurité pour que les « leaders impliqués dans la mutinerie » y soient transférés.

Déjà en septembre, sept prisonniers avaient trouvé la mort lors d’une mutinerie dans cette même prison. La mutinerie avait été attribuée à une tentative d’évasion. Avec près de 727 000 détenus recensés en 2016, le Brésil compte la troisième population pénitentiaire du monde, souvent secouée par des drames. La capacité des prisons est deux fois moindre dans ce pays de près de 210 millions d’habitants, qui est l’un des plus violents au monde. Fin mai, 55 détenus avaient été tués en deux jours lors d’affrontements dans plusieurs prisons de l’État d’Amazonie, également dans le nord du Brésil.