La crise au Venezuela menacerait «la sécurité internationale», selon le Groupe de Lima

L’opposant au régime de Nicolas Maduro, Juan Guaidó
Photo: Yuri Cortez Agence France-Presse L’opposant au régime de Nicolas Maduro, Juan Guaidó

Le Groupe de Lima, composé d’une douzaine de pays latino-américains et du Canada, a appelé mardi la communauté internationale à faire « un grand effort » pour organiser des élections au Venezuela, dont la crise menace « la sécurité » de la planète.

« Tandis qu’une dictature s’exerce au Venezuela, toutes nos démocraties se trouvent fragilisées d’une certaine manière. La situation que traverse le Venezuela menace la paix et la sécurité régionale et compromet également la sécurité internationale », a déclaré le chef de la diplomatie argentine, Jorge Faurie, en ouverture de la réunion à Buenos Aires.

« Un grand effort est nécessaire pour rétablir l’ordre démocratique au Venezuela à travers la convocation d’élections » dans ce pays, a-t-il ajouté.

Le Groupe de Lima a été créé en 2017 pour promouvoir une issue à la crise au Venezuela, qui dispose des plus grosses réserves de pétrole du monde. Il n’a pas reconnu le deuxième mandat du président socialiste Nicolas Maduro.

Une cinquantaine de pays, dont les États-Unis et le Canada, ont reconnu l’opposant Juan Guaidó comme président par intérim du Venezuela et réclament le départ de Maduro.

Le Venezuela traverse une profonde crise politique et économique. Plus de quatre millions de Vénézuéliens ont quitté le pays depuis 2015, selon l’ONU, fuyant les pénuries de produits de base et de médicaments, aggravées ces dernières semaines par des pannes d’électricité à répétition.

De son côté, le ministre péruvien des Affaires étrangères, Néstor Popolizio, a demandé « un soutien urgent et concret en provenance de la coopération internationale [à destination des] pays d’accueil ».

Le Pérou, qui compte 768 100 Vénézuéliens, et la Colombie, 1,3 million, sont les pays de la région qui hébergent le plus grand nombre de migrants et réfugiés issus du pays pétrolier.

Réintégration au TIAR

Par ailleurs, l’Assemblée nationale vénézuélienne, contrôlée par l’opposition à Nicolas Maduro, a approuvé mardi la réintégration du Venezuela dans le Traité interaméricain d’assistance réciproque (TIAR), une décision qui permet de border légalement une éventuelle intervention militaire étrangère dans le pays en crise.

Le texte « est approuvé à l’unanimité et promulgué », a déclaré le président du Parlement, Juan Guaidó, à l’issue du vote de ses pairs lors d’une séance organisée sur une place de Caracas, six mois jour pour jour après que l’opposant se fut autoproclamé président par intérim.

Le vote doit permettre au Venezuela de réintégrer le TIAR, sept ans après que le défunt président Hugo Chávez eut décidé de l’en retirer. Le TIAR avait été ratifié par la plupart des États américains au début de la guerre froide.

Juan Guaidó, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, n’écarte pas une intervention militaire étrangère pour déloger Nicolas Maduro du pouvoir. L’opposant le qualifie d'« usurpateur » en raison de l’élection selon lui « frauduleuse » remportée l’an dernier par le chef de l’État socialiste.

Mais Juan Guaidó a prévenu mardi que le TIAR « n’a rien de magique. Ce n’est pas un bouton sur lequel on appuie et qui résout tout du jour au lendemain ». « Nous allons devoir construire le soutien des autres pays de la région pour mettre en place ce mécanisme et l’approbation finale reviendra à l’OEA », l’Organisation des États américains, déclarait-il récemment.

Le vote positif des députés ne signifie pas un retour automatique du Venezuela dans le TIAR. Les décisions qu’ils prennent sont toutes jugées nulles par la Cour suprême depuis trois ans. Dans la pratique, l’Assemblée nationale est supplantée par une Constituante composée uniquement de fidèles de Nicolas Maduro.