Début, dimanche, d’une vague d’arrestations de clandestins aux États-Unis

Des immigrants d’Amérique centrale grimpant la séparation entre le Mexique et les États-Unis, en novembre dernier
Photo: Pedro Pardo Agence France-Presse Des immigrants d’Amérique centrale grimpant la séparation entre le Mexique et les États-Unis, en novembre dernier

Les États-Unis doivent lancer dimanche une vague d’arrestations et d’expulsions de migrants clandestins, une opération prévue fin juin, puis reportée par Donald Trump, rapporte jeudi le New York Times.

Cette opération de grande envergure concerne environ un million de personnes visées par des avis d’expulsion, avait précisé mercredi Ken Cuccinelli, le chef des services fédéraux de l’immigration (USCIS).

« Il y a environ un million d’avis d’expulsion », a-t-il expliqué sur CNN. « C’est ce nombre sur lequel [la police de l’immigration] ICE doit travailler », même si « nous ne parlons pas de tout faire » en une fois.

Cette vague d’arrestations avait été annoncée le 21 juin par le milliardaire républicain, puis reportée de deux semaines pour laisser le temps au Congrès de trouver un compromis sur les mesures de sécurité à la frontière sud.

Une enveloppe d’urgence de 4,6 milliards de dollars a ensuite été débloquée pour répondre à la crise migratoire.

Selon les médias, des responsables des services de l’immigration s’étaient alors inquiétés des difficultés logistiques de l’opération, notamment en ce qui concerne le logement des familles arrêtées et le sort des mineurs possédant la nationalité américaine.

Selon le New York Times, citant des responsables du ministère de la Sécurité intérieure, les raids de la police de l’immigration pourraient aussi entraîner des expulsions « collatérales », c’est-à-dire des clandestins présents sur les lieux des perquisitions, mais qui ne sont pas sous le coup d’une arrestation.

L’opération devant débuter dimanche dans une dizaine de villes du pays vise au moins 2000 sans-papiers ayant omis de se présenter à des audiences devant des tribunaux ou ayant reçu des avis d’expulsion, précise le quotidien new-yorkais.

Ces clandestins sont entrés récemment aux États-Unis, selon le NYT. Leurs dossiers de régularisation ont été déposés fin 2018 et ils ont reçu leur avis d’expulsion en février.

Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration illégale l’un de ses principaux chevaux de bataille et a dépeint les milliers de migrants venus d’Amérique centrale ces derniers mois comme une menace pour la sécurité nationale.

En juin, un peu plus de 104 000 personnes ont été arrêtées et placées en détention après avoir franchi illégalement la frontière avec le Mexique, soit 40 000 de moins qu’en mai.

Selon le centre de recherche Pew, 10,5 millions d’immigrants vivaient illégalement aux États-Unis en 2017. Près des deux tiers étaient installés depuis plus de dix ans.