Échec d’une tentative de «coup d’État» au Venezuela

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro
Photo: Agence France-Presse Le président vénézuélien, Nicolas Maduro

Le gouvernement vénézuélien a annoncé mercredi avoir déjoué une tentative de « coup d’État » militaire impliquant les États-Unis, la Colombie et le Chili, qui prévoyait l’assassinat du président socialiste Nicolas Maduro.

« Nous avons assisté à toutes les réunions de planification du coup d’État », a déclaré le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez.

Des agents gouvernementaux auraient été infiltrés dans la préparation de cette tentative de renversement de Maduro et son remplacement par un général.

Le coup d’État, impliquant des militaires actifs et en retraite ainsi qu’un ancien chef du renseignement, devait avoir lieu entre dimanche et lundi, a précisé le ministre.

Il a accusé le président de droite chilien, Ivan Duque, de « planifier des coups d’État, des assassinats du président » Maduro, et a mis en cause également le président conservateur du Chili, Sebastián Piñera, et le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton.

Le ministre a également accusé l’ancien chef du renseignement du Venezuela, le général Cristopher Figuera, parti en Colombie après un soulèvement raté contre Nicolas Maduro et arrivé lundi aux États-Unis, d’avoir levé « des centaines de milliers de dollars » pour financer cette opération.

Dans un entretien réalisé à Bogotá et publié lundi par le Washington Post, Cristopher Figuera a affirmé que le président socialiste pouvait encore tomber.

Nicolas Maduro a accusé le général Figuera d’être une « taupe de la CIA ».

« Pour le moment, le régime nous a damé le pion. Mais cela pourrait changer rapidement », a ajouté le général, formulant également de graves accusations de corruption contre plusieurs hauts responsables du pouvoir vénézuélien, y compris des membres de la famille de M. Maduro.

Pour sa part, l’opposant vénézuélien Juan Guaidó a rejeté mercredi les allégations du gouvernement concernant le coup d’État présumé, et appelé une nouvelle fois l’armée à rompre avec le président Nicolas Maduro.

« C’est la énième fois et la presse a déjà perdu le compte du nombre de fois où ont été répétées de telles accusations. L’appel que nous avons lancé et que nous continuons de lancer s’adresse au corps militaire, c’est à l’armée de se ranger du côté de la Constitution », a déclaré M. Guaidó devant la presse.

Bien qu’assis sur d’immenses réserves de pétrole, le Venezuela est frappé par une récession qui se traduit entre autres par une hyperinflation, des pénuries et des coupures de courant à répétition et qui a poussé 4 millions de Vénézuéliens à émigrer depuis 2015, selon l’ONU.

Sur le plan politique, le pays vit au rythme du bras de fer entre Nicolas Maduro et le chef de file de l’opposition Juan Guaidó, depuis que ce dernier s’est autoproclamé président par intérim le 23 janvier et qu’il a été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays, dont les États-Unis.