L’ancienne présidente de l’Argentine en procès pour corruption

Cristina Fernández de Kirchner a comparu mardi devant le tribunal pour le premier d’une série de procès pour corruption.
Photo: Juan Mabromata Agence France-Presse Cristina Fernández de Kirchner a comparu mardi devant le tribunal pour le premier d’une série de procès pour corruption.

L’ancienne présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner a comparu devant le tribunal, mardi, pour le premier d’une série de procès pour corruption avant de se lancer en campagne électorale.

Il y a quelques jours, Mme Fernández de Kirchner a surpris les Argentins en annonçant qu’elle briguerait la vice-présidence, avec son ancien chef de cabinet, Alberto Fernandez, en tête de liste. Elle était censée se présenter directement contre le président conservateur Mauricio Macri lors des élections d’octobre.

Des agents de sécurité ont bouclé la salle d’audience fédérale à Buenos Aires lorsque Mme Fernández de Kirchner est arrivée. Elle est accusée d’avoir dirigé une « association illégale de détournement de fonds » impliquant des projets de travaux publics au cours de sa présidence, de 2007 à 2015. Elle nie tout acte répréhensible et reste une personnalité à la fois très populaire et controversée en Argentine.

« Un nouveau procès où je n’aurais jamais dû être convoquée commence », a-t-elle écrit sur Twitter. « Il s’agit d’un nouvel acte de persécution qui n’a qu’un seul objectif : placer une ancienne présidente qui s’oppose au gouvernement actuel au banc des accusés durant une campagne présidentielle. »

Dans des affaires distinctes, elle fait aussi l’objet d’enquêtes sur des allégations de blanchiment d’argent et de participation aux activités d’une organisation criminelle sous son administration et celle de Nestor Kirchner, son défunt mari et prédécesseur à la présidence.

Bien que plusieurs anciens présidents argentins aient déjà été traduits en justice, Mme Fernández de Kirchner est la seule à se retrouver en cour tout en ayant de véritables chances de revenir au pouvoir.

Une annonce inattendue

En annonçant au cours du week-end qu’elle ne serait pas candidate à la présidence mais plutôt à la vice-présidence aux côtés d’Alberto Fernandez, elle a bouleversé l’échiquier politique et contraint les autres partis à repenser leurs stratégies.

Selon l’analyste Roberto Bacman, du Centre d’études sur l’opinion publique à Buenos Aires, cette annonce a détourné l’attention du procès et adouci l’image de Mme Fernández de Kirchner aux yeux des juges.

De nombreux électeurs sont frustrés par la récession en Argentine et par l’une des inflations les plus élevées au monde. Ils reprochent à l’actuel président Mauricio Macri d’avoir aggravé la crise avec ses politiques. Le peso argentin a perdu plus de la moitié de sa valeur par rapport au dollar américain l’an dernier.

Cristina Fernández de Kirchner est connue pour son populisme et ses politiques économiques peu orthodoxes. Tandis que certains lui attribuent le mérite d’avoir permis à l’Argentine de sortir de la précédente crise économique, d’autres lui reprochent d’avoir créé la tourmente actuelle.

Si elle est reconnue coupable, elle pourrait être condamnée à 15 ans de prison, bien que son immunité de sénatrice la protège de toute arrestation.