Will McGrew: le français de la relève

Will McGrew est l’un des plus jeunes Franco-Louisianais à fréquenter la table française de Mavis Arnaud-Fruger, à Arnaudville. À 24 ans, ce jeune entrepreneur originaire de La Nouvelle-Orléans vient de lancer un projet de télévision francophone, Télé-Louisiane.

« Cela a commencé avec les jeunes, dit-il, dans le français châtié que l’on parle à La Nouvelle-Orléans. On s’est rendu compte que certains veulent s’impliquer dans la bataille pour préserver et développer le français en Louisiane. On a été accepté comme membre à l’Organisation internationale de la francophonie et on a besoin de médias en français, pour qu’on puisse pratiquer le français dans toutes les communautés, pas seulement à Lafayette. »

Le blogue « Le Bourdon de la Louisiane », inspiré du nom d’un ancien journal francophone du même nom, a aussi été conçu par des jeunes de la nouvelle génération. Sur la page d’accueil, on peut y lire : « Ici on parle français. Asteur on commence la conversation. Jamais on ne lâchera la patate. » Joseph Pons, jeune professeur de français, vient quant à lui de lancer le balado franco-louisianais Charrer-Veiller (charrer veut dire « jaser » en cadien).

Des racines françaises

Né à La Nouvelle-Orléans, Will McGrew est le fils d’un père originaire de Floride et d’une mère louisianaise de « sixième génération ». Sa grand-mère maternelle, originaire d’Espagne, était très impliquée dans la communauté d’origine française de La Nouvelle-Orléans. « À l’époque, le français y était beaucoup plus présent qu’aujourd’hui. Mon grand-père était avocat. Il avait beaucoup de clients francophones et elle faisait de la traduction pour lui. Et elle faisait partie de l’Athénée louisianais », raconte-t-il.

Fondé en 1876 par différents hommes de lettres francophones, l’Athénée louisianais était une société littéraire francophone de la Louisiane basée à La Nouvelle-Orléans, qui publiait un magazine, organisait des concours de lettres et tenait des concours littéraires. Will McGrew aime citer les auteurs franco-louisianais que sont Sidonie de la Houssaye, Rodolphe Des Dunes, ou, plus près de nous, Zachary Richard et la jeune Ashlee Wilson Michot.

« J’ai étudié dans une école anglophone, et je parlais un peu français et espagnol à la maison, dit Will McGrew. Au lycée, je me suis rendu compte qu’il fallait faire quelque chose pour garder le français, sans ça, on allait le perdre. Alors, j’ai appris le français. Et j’ai demandé à ma mère et à ma grand-mère de me parler uniquement en français et en espagnol. »

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat–Le Devoir.

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