Un quatrième journaliste assassiné au Mexique

L’annonce de ce nouvel homicide de journaliste intervient le jour même de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Telesforo Santiago Enriquez est le quatrième journaliste assassiné au Mexique depuis le début de l’année.
Photo: David Gannon Agence France-Presse L’annonce de ce nouvel homicide de journaliste intervient le jour même de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Telesforo Santiago Enriquez est le quatrième journaliste assassiné au Mexique depuis le début de l’année.

Un journaliste mexicain, Telesforo Santiago Enriquez, qui animait une émission sur les ondes d'une radio communautaire, a été tué par balle dans la ville de Juchitan (sud), devenant le quatrième reporter assassiné dans ce pays depuis le début de l’année, ont annoncé vendredi les autorités et sa famille.

L’homme a été abattu jeudi après-midi lorsqu’il se dirigeait vers la station de radio El Cafetal, qu’il avait fondée. « Il a été tué par des tirs au niveau de la bouche et du coeur », a déclaré vendredi au micro de Radio Formula sa nièce Aida Valencia, qui estime que le meurtre est lié à la profession de son oncle.

« Dans ses émissions radio, Santiago Enriquez faisait part de ses analyses et critiquait le gouvernement, il avait récemment dénoncé publiquement les autorités municipales pour détournement présumé de fonds » publics, indique la Commission nationale des droits de l’Homme (Ombudsman) dans un communiqué.

Journée de la liberté de presse

L’annonce de ce nouvel homicide de journaliste intervient le jour même de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Telesforo Santiago Enriquez est le quatrième journaliste assassiné au Mexique depuis le début de l’année. Le 16 mars, Santiago Barroso, qui écrivait pour l’hebdomadaire en ligne Contrasena, a été tué par balle à son domicile dans l’État de Sonora (nord). Le 9 février, Jesus Ramos Rodriguez, un journaliste de radio, a été tué dans l’État de Tabasco (est), et le 21 janvier, le directeur d’une radio communautaire, Rafael Murua, a été assassiné dans l’État de Basse-Californie du Sud (nord-ouest) après avoir reçu des menaces.

Le Mexique arrive au 147e rang sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières. Selon l’organisation, il s’agit d’un des pays les plus dangereux du monde pour les journalistes, au même niveau que l’Afghanistan, la Syrie ou le Yémen. En 2018, dix journalistes y ont été assassinés. La majorité de ces assassinats restent impunis. Le gouvernement du Mexique a annoncé fin mars vouloir renforcer le mécanisme de protection des journalistes, dans un pays parmi les plus dangereux du monde pour ces professionnels.