Maduro poursuit sans relâche les «putschistes»

L’opposant Leopoldo Lopez lors d’un bain de foule mardi à Caracas
Photo: Juan Barreto Agence France-Presse L’opposant Leopoldo Lopez lors d’un bain de foule mardi à Caracas

Le président Nicolas Maduro et l’armée, pilier du pouvoir au Venezuela, sont passés jeudi à l’offensive contre « tous les putschistes », deux jours après une tentative de soulèvement manquée d’un groupe de soldats passé dans le camp de l’opposant Juan Guaidó.

« Oui, nous sommes en plein combat, le moral doit être au maximum dans cette lutte pour désarmer tous les traîtres, tous les putschistes », a asséné le chef de l’État à quelque 4500 soldats rassemblés à Caracas dans la cour du fort Tiuna, la principale caserne du pays, au cours de cette cérémonie radiotélévisée.

« Loyauté toujours, trahison jamais ! » a scandé le président vénézuélien. Ce discours s’inscrit dans la continuité de la chasse aux « traîtres » que Nicolas Maduro a lancée dès mardi soir, lorsqu’il a affirmé avoir déjoué l’« escarmouche putschiste » entreprise par un groupe de militaires entrés en rébellion pour rejoindre Juan Guaidó, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, dont le Canada et les États-Unis.

Mandat d’arrêt

La tentative de soulèvement de mardi s’est dégonflée au cours de la journée. Quelque 25 militaires rebelles ont demandé l’asile à l’ambassade du Brésil à Caracas. De son côté, Leopoldo Lopez, une figure de l’opposition qui était apparu aux côtés de M. Guaidó et des soldats insurgés, s’est réfugié dans l’ambassade d’Espagne. La justice vénézuélienne a ordonné jeudi l’arrestation de Lopez, a annoncé la Cour suprême, lui qui était depuis 2017 assigné à domicile.

La répression brutale du peuple vénézuélien doit s’achever et doit s’achever rapidement

 

La tentative de soulèvement a été accompagnée de manifestations monstres des partisans de M. Guaidó, émaillées de violents heurts entre des protestataires et les forces de l’ordre. Deux jeunes Vénézuéliens blessés par balle au cours des manifestations de ces deux derniers jours sont morts jeudi, portant à quatre le nombre total des manifestants tués dans les heurts, a-t-on appris auprès de l’opposition et des familles.

Pour M. Maduro, le véritable donneur d’ordres derrière cette « escarmouche putschiste » est John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. « La répression brutale du peuple vénézuélien doit s’achever et doit s’achever rapidement », a déclaré jeudi M. Trump, des jardins de la Maison-Blanche, à l’occasion de la Journée nationale de prière. Et pour accentuer un peu plus la pression et tenter de déloger Nicolas Maduro du pouvoir, Washington a pris un très grand nombre de sanctions, dont la plus récente est la plus marquante : un embargo sur le pétrole vénézuélien, depuis dimanche.