Des homéopathes canadiens financés par l’aide internationale

Sur divers sites de santé «alternative», on définit l’homéoprophylaxie comme une solution de remplacement aux vaccins, qui «donne à l’organisme ce que l’on peut appeler un message énergétique».
Photo: Fred Tanneau Agence France-Presse Sur divers sites de santé «alternative», on définit l’homéoprophylaxie comme une solution de remplacement aux vaccins, qui «donne à l’organisme ce que l’on peut appeler un message énergétique».

Si des associations douteuses aux noms tels que Naturopathes sans frontières ou Homéopathes sans frontières existent depuis longtemps, c’est peut-être la première fois qu’un de ces groupes est financé par des fonds destinés à l’aide internationale.

Selon un reportage de la CBC diffusé le 23 février, l’organisme québécois Terre sans frontières a reçu 350 000 $ sur cinq ans (de 2015 à 2020) d’Affaires mondiales Canada, des fonds qui ont permis d’envoyer jusqu’ici au moins 12 homéopathes au Honduras. Ceux-ci font partie d’une centaine de coopérants que l’organisme québécois envoie en Bolivie, au Honduras et en Tanzanie « dans les secteurs de la dentisterie, de l’optométrie et de l’homéopathie ».

À titre d’exemple, la « mission de l’automne 2017 » est décrite comme ayant servi à la « poursuite du partage des savoirs de base en santé familiale et communautaire » par « l’homéopathie et l’homéoprophylaxie ».

Sur divers sites de santé « alternative », on définit l’homéoprophylaxie comme une solution de remplacement aux vaccins, qui « donne à l’organisme ce que l’on peut appeler un message énergétique ». Dans son dernier rapport annuel, Terre sans frontières, elle, définit l’homéoprophylaxie comme « l’utilisation de l’homéopathie pour la prévention d’épidémies ».

Il faut savoir que la malaria, la maladie de Chagas et la dengue sont trois maladies épidémiques en Amérique centrale, potentiellement mortelles. Le site affirme que l’homéopathie permet de faire régresser la maladie de Chagas, une assertion qui n’est validée par aucune donnée probante en épidémiologie.