Le Costa Rica présente le plan climat le plus ambitieux au monde

Le Costa Rica abrite à lui seul 6% de la biodiversité mondiale.
Photo: Ana Fernandez Agence France-Presse Le Costa Rica abrite à lui seul 6% de la biodiversité mondiale.

Le président de ce pays d’Amérique centrale, Carlos Alvarado, a lancé le 24 février un plan national de décarbonisation avec pour objectif de faire du Costa Rica l’un des premiers États au monde à atteindre zéro émission nette d’ici 2050.

Connu pour ses forêts tropicales resplendissantes et ses plages préservées, le Costa Rica, qui abrite à lui seul 6 % de la biodiversité mondiale, se veut aussi leader planétaire dans la lutte contre le dérèglement climatique. Carlos Alvarado, à la tête de ce pays un peu plus grand que la Suisse, a lancé, le 24 février, son plan national pour atteindre la neutralité carbone d’ici la moitié du siècle. La neutralité carbone est le moment où les émissions de gaz à effet de serre des activités humaines, qui ne sont pas captées par les forêts, les sols et les océans, sont réduites à zéro.

Le Costa Rica n’est pas le seul État à s’être fixé un tel objectif — la France l’a fait aussi dans son plan Climat non contraignant présenté en 2017 —, mais le pays d’Amérique centrale est le premier à présenter un plan concret à court, moyen et long terme pour y arriver. Les trois étapes sont intitulées « Le commencement » pour 2018 à 2022, « Le virage » pour 2023-2030 et « Le déploiement massif » de 2031 à 2050.

Le texte, résumé en onze pages, a été publié en même temps qu’un décret présidentiel pour son application. Carlos Alvarado et son gouvernement se targuent déjà de profiter d’un réseau électrique n’émettant à 95 % aucune émission de gaz à effet de serre et d’un couvert forestier sur 52 % du territoire costaricain.

Des actions concrètes

Pour aller plus loin, le plan d’action développe dix piliers, comme le transport, l’agriculture, l’énergie, l’immobilier et la gestion des déchets. Entre autres mesures, il prévoit que 100 % des bus et des taxis seront à zéro émission d’ici le milieu du siècle, avec un quota de 70 % visé pour 2035. En 2050, 60 % de la flotte de véhicules légers (particuliers comme administratifs) devront fonctionner sans émission, avec 100 % des ventes respectant ce critère « au maximum » au milieu du siècle.

De plus, d’ici onze ans, tout le réseau électrique fonctionnera avec les énergies renouvelables et tous les nouveaux bâtiments construits devront respecter des normes de basses émissions. Plus largement, une réforme de la fiscalité verte est prévue, encadrée par un débat sur les « valeurs économiques à donner aux externalités négatives », comme la pollution.

Avec le slogan « Sans laisser personne derrière » (« Sin dejar a nadie atras », en espagnol), le gouvernement assure que sa politique respectera les « principes d’inclusion, de respect des droits de la personne et de l’égalité entre les genres ».

Cependant, le plan ne fait pas mention des mesures précises prévues pour rendre le secteur agricole plus durable. Or, d’après un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) de 2017, le Costa Rica est l’un des pays au monde, avec la Colombie, le Japon et le Mexique, à utiliser les plus fortes concentrations de pesticides. Des intrants agricoles dont les effets néfastes sur l’environnement et sur la santé humaine ne sont plus à démontrer.

Ce plan climat servira aussi de support pour la révision de la contribution nationale du pays publiée lors de la COP21 en 2015, une obligation dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, et annoncée pour 2020.