Guaidó annonce l’entrée de l’aide américaine le 23 février au Venezuela

Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dans tout le pays pour accroître la pression sur l’armée.
Photo: Feredico Parra Agence France-Presse Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dans tout le pays pour accroître la pression sur l’armée.

L’opposant Juan Guaidó a annoncé mardi que l’aide d’urgence américaine entrerait le 23 février au Venezuela malgré le refus du président Nicolás Maduro, qui la considère comme une première étape avant une intervention militaire.

« Le 23 février sera le jour où l’aide humanitaire entrera au Venezuela », a lancé Juan Guaidó, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, devant une foule de partisans rassemblés dans un quartier à l’est de Caracas.

« L’aide humanitaire va entrer au Venezuela, c’est sûr ! Car l’usurpateur n’aura d’autre choix que de quitter le Venezuela. Ce n’est pas la première fois que le Venezuela va devoir se libérer d’un tyran, espérons que ce sera la dernière », a poursuivi le président du Parlement, contrôlé par l’opposition.

Il a demandé aux quelque 250 000 volontaires inscrits pour participer à l’acheminement de l’aide stockée à la frontière de se tenir prêts pour « former des caravanes ». Le 23 février, cela fera un mois que Juan Guaidó s’est autoproclamé président par intérim.

Aux cris de « Liberté ! », « Guaidó ! », des dizaines de milliers de manifestants, brandissant des drapeaux vénézuéliens, se sont rassemblés à la mi-journée dans tout le pays pour accroître la pression sur l’armée, soutien déterminant du gouvernement, afin qu’elle laisse entrer cette assistance.

Une intervention impérialiste

En réponse à cette troisième journée de mobilisation de l’opposition après celles du 23 janvier et du 2 février, des soutiens du gouvernement se sont réunis sur la place Bolivar, dans le centre de Caracas, contre « l’intervention impérialiste » américaine.

L’aide humanitaire va entrer au Venezuela, c’est sûr ! Car l’usurpateur n’aura d’autre choix que de quitter le Venezuela. Ce n’est pas la première fois que le Venezuela va devoir se libérer d’un tyran, espérons que ce sera la dernière.

Le bras de fer politique entre les deux hommes se concentre depuis plusieurs jours sur l’entrée de plusieurs tonnes de nourriture et de médicaments venant des États-Unis, déjà stockés dans des entrepôts en Colombie à la frontière avec le Venezuela.

Mais des militaires vénézuéliens bloquent le pont Tienditas, qui relie Cúcuta (en Colombie) et Ureña (au Venezuela), dans l’État frontalier de Tachira, où l’armée a renforcé sa présence.

Cette crise survient en pleine débâcle économique du pays, accablé de pénuries de vivres et de médicaments. Plus de 2,3 millions de Vénézuéliens (7 % de la population) ont fui le pays depuis 2015, selon l’ONU.

Cherchant à briser l’unité de l’armée, Juan Guaidó a offert l’amnistie aux militaires qui désavoueraient le chef de l’État et les a prévenus que bloquer l’aide constituerait un « crime contre l’humanité ».

Juan Guaidó a annoncé que le deuxième centre de stockage d’aide dans le nord du Brésil serait opérationnel mardi.

Marudo en entrevue à la BBC

Nicolás Maduro, qui dément l’existence d’une « urgence humanitaire », rejette la responsabilité des pénuries sur les sanctions américaines et une « guerre économique » menée par la droite. « Le Venezuela n’est pas un pays où règne la famine », a-t-il assuré dans un entretien à la BBC diffusé mardi.

Parallèlement, des manoeuvres militaires sont en cours pour faire face à une éventuelle intervention des États-Unis, une option régulièrement mise sur la table par les responsables américains.

Alors que Juan Guaidó peut compter sur l’appui des États-Unis et d’une grande majorité des pays d’Amérique latine et d’Europe, Nicolás Maduro a reçu le soutien de ses alliés russe, turc, iranien et chinois.

« Le Venezuela est dans l’oeil du cyclone géopolitique du monde », a déclaré lundi M. Maduro, qui accuse les États-Unis de vouloir le renverser pour accaparer les plus grandes réserves pétrolières du monde.

Le dirigeant socialiste a aussi réclamé le retour de 80 tonnes de réserves d’or de son pays déposées au Royaume-Uni, alors que le Venezuela fait face à de graves problèmes de liquidités.