Une délégation pro-Guaidó en Italie

Outre 21 pays de l’UE, Juan Guaidó a l’appui des États-Unis, du Canada et d’une douzaine de pays latino-américains.
Photo: Federico Parra Agence France-Presse Outre 21 pays de l’UE, Juan Guaidó a l’appui des États-Unis, du Canada et d’une douzaine de pays latino-américains.

L’opposant vénézuélien Juan Guaidó redoublait d’efforts mercredi pour obtenir le soutien de l’UE et faire entrer l’aide humanitaire dans le pays.

« Aujourd’hui, nous avons échangé avec des représentants de l’Union européenne pour consolider son soutien à la transition démocratique », a déclaré le chef de file de l’opposition à l’issue d’une réunion avec des représentants européens à Caracas.

Depuis lundi et l’expiration de l’ultimatum lancé au chef de l’État, Nicolás Maduro, pour convoquer une élection présidentielle anticipée, une vingtaine de pays européens, dont l’Espagne, la France et l’Allemagne, ont reconnu Juan Guaidó, 35 ans, comme président par intérim.

L’Italie, qui refuse de le reconnaître, a bloqué l’adoption d’une position commune de l’UE. Outre 21 pays de l’UE, Juan Guaidó a l’appui des États-Unis, du Canada et d’une douzaine de pays latino-américains.

Dans le but de convaincre Rome de changer de position, M. Guaidó a demandé mercredi aux deux responsables politiques du gouvernement populiste italien, Matteo Salvini et Luigi Di Maio, de recevoir une délégation. M. Salvini, ministre de l’Intérieur et patron de l’extrême droite, a annoncé qu’il recevrait cette délégation lundi à son ministère.

Le Parlement vénézuélien a approuvé mardi un plan stratégique pour la distribution de vivres et de médicaments depuis la Colombie et le Brésil, où des centres de collecte doivent être installés. Mais on ne savait toujours pas concrètement mercredi quand ni comment cette aide devait arriver, franchir la frontière et être distribuée.

Mercredi, une équipe de l’AFP a constaté que le passage sur le pont de Tienditas, qui relie les localités de Cúcuta (Colombie) et d’Ureña (Venezuela), était totalement barré par un camion-citerne, deux grands conteneurs, des barrières et des blocs de béton, tandis que des militaires patrouillaient aux abords du barrage.

« Le peuple vénézuélien a désespérément besoin d’aide humanitaire. Les États-Unis et d’autres pays tentent de l’aider, mais l’armée du Venezuela aux ordres de Maduro bloque l’aide avec des camions et des navires », a accusé sur Twitter le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo.

Le Canada a promis 40 millions de dollars d’aide, Washington 20 millions et l’UE 7,5 millions.

« C’est un show politique, ce qu’ils appellent l’aide humanitaire. L’impérialisme n’aide personne dans le monde. Personne », a rétorqué M. Maduro dans un entretien accordé à la chaîne russe RT et diffusé mercredi.

Le dirigeant socialiste a lancé la collecte de 10 millions de signatures contre l’« action interventionniste de Trump ».