Le Venezuela retient son souffle à la veille de la manifestation à l’appel de Guaidó

Juan Guaidó a prévenu vendredi qu’il était prêt à d’éventuelles négociations, mais seulement si le départ de l’actuel chef de l’État Nicolás Maduro était dans la balance.
Photo: Federico Parra Agence France-Presse Juan Guaidó a prévenu vendredi qu’il était prêt à d’éventuelles négociations, mais seulement si le départ de l’actuel chef de l’État Nicolás Maduro était dans la balance.

Le Venezuela retenait vendredi son souffle à quelques heures de la manifestation à l’appel du président autoproclamé du Venezuela Juan Guaidó pour réclamer « des élections libres » au chef de l’État Nicolás Maduro.

Juan Guaidó a prévenu vendredi qu’il était prêt à d’éventuelles négociations, mais seulement si le départ de l’actuel chef de l’État Nicolás Maduro était dans la balance.

« Nous serons intéressés par une négociation » dans le seul but de définir « les termes de la fin de l’usurpation, ce qui permettra de transférer le pouvoir […] et de lancer un processus de transition aboutissant à des élections libres », a écrit le leader de l’opposition vénézuélienne dans un courrier adressé aux présidents du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, et de l’Uruguay, Tabaré Vazquez.

Ces deux pays ont annoncé mercredi la tenue d’une conférence des pays neutres vis-à-vis de la crise au Venezuela, le 7 février à Montevideo.

Le choix de défiler samedi n’est pas anodin pour l’opposition : c’est le jour anniversaire des 20 ans de la « révolution bolivarienne », du nom du héros de l’indépendance Simon Bolivar. Cet anniversaire marque l’investiture, le 2 février 1999, du président socialiste Hugo Chávez (1999-2013), aujourd’hui décédé et dont se réclame Nicolás Maduro.

« Nous devons tous descendre dans les rues au Venezuela et dans le monde entier avec un objectif clair : accompagner l’ultimatum qu’ont donné les membres de l’Union européenne. Nous allons réaliser la plus grande marche du Venezuela et de l’histoire de notre continent », a déclaré jeudi soir Juan Guaidó, 35 ans, qui préside le Parlement dominé par l’opposition. Celle-ci juge le second mandat de M. Maduro, entamé le 10 janvier, illégitime car issu d’élections frauduleuses.

Six pays de l’UE (Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal, Pays-Bas) ont donné à Nicolás Maduro jusqu’à dimanche pour convoquer des élections, faute de quoi ils reconnaîtront Juan Guaidó comme président.

Par ailleurs, l’UE, dont les pays sont très divisés sur l’attitude à adopter pour contraindre Maduro à quitter le pouvoir, a décidé de créer un groupe de contact international qui « se donne 90 jours pour parvenir à un résultat positif », afin d’aider à l’organisation d’une nouvelle présidentielle au Venezuela. L’objectif de ce groupe sera « d’évaluer » l’attitude du gouvernement de Maduro afin de savoir si elle « est authentique ou si c’est une nouvelle manoeuvre » pour gagner du temps, a jugé l’expert en relations internationales Mariano de Alba.

Soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie et Cuba, M. Maduro rejette l’ultimatum européen et accuse les États-Unis d’orchestrer un coup d’État.

La tension grimpe à chaque appel à manifester. Une quarantaine de personnes ont été tuées et plus de 850 arrêtées, selon l’ONU, depuis le début des mobilisations le 21 janvier. En 2014 et 2017, deux vagues de protestations avaient fait quelque 200 morts.

À plusieurs reprises, Nicolás Maduro a affirmé être prêt à des négociations, mais Guaidó a prévenu que l’opposition ne participerait plus à de « faux dialogues ».