Venezuela: Guaidó dénonce des tentatives d’intimidation

Devant la presse vénézuélienne, Juan Guaidó a affirmé que sa famille avait été victime d’une tentative d’intimidation par des hommes disant faire partie des forces spéciales de la police.
Photo: Federico Parra Agence France-Presse Devant la presse vénézuélienne, Juan Guaidó a affirmé que sa famille avait été victime d’une tentative d’intimidation par des hommes disant faire partie des forces spéciales de la police.

Le président autoproclamé du Venezuela, Juan Guaidó, a dénoncé jeudi des tentatives d’intimidation visant ses proches, disant tenir pour responsable le chef de l’État, Nicolas Maduro.

« Ils ne vont pas m’intimider », a-t-il déclaré à la presse devant son domicile de Caracas, avec sa fille de 20 mois dans les bras et son épouse à ses côtés.

Juan Guaidó venait d’affirmer que des hommes qui s’étaient identifiés comme appartenant aux forces spéciales de la police (FAES) s’étaient présentés devant chez lui en demandant où étaient son épouse, Fabiana Rosales, et la famille. « L’objectif était évident […] À ces fonctionnaires, je leur dis : ne franchissez pas la ligne rouge », a lancé le chef de l’opposition.

Peu avant, au cours d’un discours destiné à présenter son plan économique pour sortir le pays de la crise, il avait déjà dénoncé les pressions dont sa famille faisait l’objet.

« Ceux qui tentent de saboter la démocratie et de s’en prendre à Guaidó en subiront les conséquences », avait prévenu mercredi John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, dont le gouvernement a reconnu le chef de l’opposition comme président par intérim du Venezuela.

« De toute évidence, il s’agissait d’une tentative d’intimidation, contre lui et l’opposition », a déclaré le sénateur américain Marco Rubio. Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Luis Almagro, a lui aussi fermement condamné ces faits.

Plan économique

Fort du soutien du Parlement européen, Juan Guaidó a présenté jeudi son plan qui repose sur plusieurs axes : répondre à l’urgence humanitaire (santé, aliments), « freiner brusquement l’inflation », relancer l’industrie pétrolière et rétablir les services publics.

Washington a indiqué tenir prêts des aliments et des médicaments destinés au Venezuela pour un montant de 20 millions de dollars, mais Nicolas Maduro, qui attribue les pénuries aux sanctions américaines, estime qu’accepter l’aide humanitaire reviendrait à ouvrir la porte à une intervention militaire.

Le pays aux énormes ressources pétrolières, autrefois le plus riche d’Amérique latine, a sombré économiquement et ses habitants souffrent de graves pénuries de nourriture et de médicaments, ainsi que d’une inflation galopante (10 000 000 % en 2019, selon le FMI), ce qui a contribué à faire chuter la popularité du dirigeant socialiste. Un conseiller économique de Guaidó, José Toro Hardy, a estimé que le Venezuela aurait besoin dans un premier temps de quelque 30 milliards de dollars pour remonter la pente.

Reconnaissance européenne

Dans une résolution proposée en commun par les principaux groupes politiques du Parlement, les eurodéputés ont reconnu jeudi M. Guaidó « comme président par intérim légitime de la République bolivarienne du Venezuela » et ont appelé tous les pays de l’UE à faire de même. La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a annoncé que l’UE allait constituer un groupe de contact international afin d’aider à l’organisation d’une nouvelle présidentielle au Venezuela.